Le «parlement des travailleurs» d'Unia vote la grève
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Le «parlement des travailleurs» d'Unia vote la grève

Les délégués formant le «parlement des travailleurs» d'Unia ont décidé samedi à l'unanimité de recourir à la grève pour exiger une convention collective de travail nationale (CN) dans le secteur principal la construction, a annoncé le syndicat.

Pour les 150 délégués réunis à Berne, les propositions patronales, notamment en matière de dérégulation du temps de travail, étaient inacceptables, selon le communiqué d'Unia.

Le plan d'action approuvé samedi prévoit «dans une première phase» des grèves d'avertissement dans plusieurs grandes villes. Elles sont agendées au 15 octobre à Genève, Neuchâtel et Berne, et au 1er novembre à Zurich.

Une extension du mouvement de grève est d'ores et déjà prévue si la prochaine entrevue avec les représentants de la Société suisse des entrepreneurs (SSE), fixée au 5 novembre, reste stérile. Les syndicats, Unia et Syna en tête, avaient déjà affirmé qu'ils mettraient leurs menaces de grève à exécution après l'échec jeudi d'une nouvelle tentative de négociation avec la SSE.

Impasse

Depuis lundi, les 80 000 travailleurs du secteur principal de la construction sont privés de CN. Le texte a été résilié au 30 septembre par la SSE en mai dernier. Par cet acte, elle avait dit vouloir mettre un point final aux négociations avec les syndicats, entamées un an plus tôt. Depuis, ceux-ci et les patrons se renvoient mutuellement la responsabilité du vide conventionnel.

Les points de litige concernent les salaires, les limites à la flexibilité du temps de travail, les heures supplémentaires ou la question des heures chômées pour cause d'intempéries ou de pannes techniques, pour ne relever que quelques points.

Les patrons assurent que, malgré l'absence de CN, ils s'en tiendront aux conditions de l'ancienne convention. Dans ce contexte, ils estiment que la grève est injustifiée.

Dumping salarial

Les risques de dumping salarial, liés notamment à la libre circulation des personnes entre l'Union européenne et la Suisse, confortent les syndicats dans leur idée de faire la grève. Mardi, la commission tripartite du canton de Zurich a alimenté leurs craintes en décidant d'abaisser de 10% le salaire minimum des ouvriers non qualifiés de moins de trente ans dans la construction.

Membre de la commission qui regroupe employeurs, représentants d'employés et canton, l'Office cantonal de l'économie et du travail (AWA) a soutenu cette décision. Face aux critiques tant des syndicats que des entrepreneurs, la commission va toutefois réexaminer sa copie lors d'une prochaine séance.

(ats)

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