Philippines: Le parlement ne veut pas destituer Duterte
Actualisé

PhilippinesLe parlement ne veut pas destituer Duterte

La plainte déposée par l'opposition contre le président philippin a été rejetée. Duterte est accusé d'avoir institué une politique de meurtres extrajudiciaires.

Rodrigo Duterte avait remporté la présidentielle de 2016 en promettant une vague de répression sans précédent contre le trafic de drogue qui ferait des dizaines de milliers de morts.

Rodrigo Duterte avait remporté la présidentielle de 2016 en promettant une vague de répression sans précédent contre le trafic de drogue qui ferait des dizaines de milliers de morts.

AFP

Les parlementaires philippins ont rejeté lundi une plainte visant à destituer le président Rodrigo Duterte et l'accusant de crime contre l'Humanité à cause du décès de milliers de personnes dans sa guerre contre la drogue.

Dans cette plainte, l'opposition accusait Rodrigo Duterte d'avoir institué une politique de meurtres extrajudiciaires ayant fait plus de 8000 morts dans les huit premiers mois de son mandat. Le président est aussi accusé d'avoir joué un rôle dans des meurtres de masse lorsqu'il était maire de Davao, grande ville du sud de l'archipel.

La commission de la justice du Congrès n'a pas perdu de temps pour balayer cette plainte lors de sa première journée d'auditions sur la question. Elle a voté à sa grande majorité un texte la déclarant «insuffisamment fondée».

«Cette plainte était frivole. Comment agir quand une plainte n'a aucun fondement?», a déclaré à la presse le président de la commission parlementaire Reynaldo Umali, un membre du parti de Rodrigo Duterte.

Vote en séance plénière

Ce vote met de fait un terme à la procédure de destitution. Les opposants au président reconnaissaient eux-mêmes que ses chances de succès étaient minces étant donné la majorité dont bénéficie le président à la chambre basse du Congrès.

La chambre des représentants doit encore valider la décision de la commission en séance plénière mais les politologues comme les représentants expliquent qu'elle n'a aucune chance d'être rejetée. «Nous n'avons nulle part où aller (mais) nous trouverons le moyen d'obtenir justice», a déclaré le député Gary Alejano, à l'origine de la procédure.

Répression sans précédent

Rodrigo Duterte, 72 ans, avait remporté la présidentielle de 2016 en promettant une vague de répression sans précédent contre le trafic de drogue qui ferait des dizaines de milliers de morts. La police a annoncé avoir abattu environ 2700 personnes depuis sa prise de fonction fin juin.

Plus de 1800 autres ont été tuées dans des incidents liés au trafic de drogue par des meurtriers non identifiés. Environ 5700 autres décès violents font l'objet d'une enquête, selon les chiffres de la police.

Lors de l'examen à Genève de la situation aux Philippines par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, des diplomates de tous les continents ont condamné la semaine dernière les milliers de morts de la campagne antidrogue. Cette campagne bénéficie cependant du soutien de nombreux Philippins. Rodrigo Duterte a aussi reçu l'appui de la Chine et d'autres pays asiatiques. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion