Actualisé 18.01.2007 à 21:42

Le parlement vénézuélien donne les pleins pouvoirs à Chavez

Le parlement du Vénézuéla a accordé jeudi les pleins pouvoirs pendant 18 mois au président anti-américain Hugo Chavez. Il lui permet ainsi de conduire la «révolution socialiste».

Les députés, tous acquis au chef de l'Etat, en raison du boycottage des élections législatives par l'opposition en 2005, ont approuvé à l'unanimité une loi autorisant M. Chavez à légiférer par décrets pendant cette période.

«Bienvenue à la Loi d'Habilitation qui bénéficie de l'appui de cette assemblée nationale qui soutient (notre) dirigeant», a lancé Cilia Flores, présidente du parlement après le vote intervenu à main levée du texte permettant au président de décréter des lois ordinaires et organiques.

«Construction du socialisme»

Le chef de l'Etat est autorisé à «dicter par décret (...) avec force de loi dans l'urgence réglementaire», a déclaré Mme Flores, ironisant sur les accusations d'abus de pouvoir lancés par les secteurs d'opposition. «Ils s'opposeront toujours à outrance et plus encore quand ils sauront que ces lois vont renforcer la révolution», a-t-elle indiqué.

Réélu en décembre, Hugo Chavez, bête noire des Etats-Unis Amérique latine, a annoncé la semaine dernière son intention de poursuivre la «construction du socialisme» et de soumettre à référendum une réforme de la Constitution afin de pouvoir se présenter indéfiniment à l'élection présidentielle.

Le dirigeant vénézuélien assistait jeudi à Rio de Janeiro à l'ouverture du sommet du Mercosur, marché commun sud-américain regroupant Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay, auquel vient d'adhérer le Vénézuéla.

Nationalisations

«Ce qui nous a grandement contaminé c'est le néo-libéralisme», a lancé le chef d'Etat, chef de file de la gauche anti-américaine, dont l'influence régionale s'est encore accru avec l'arrivée récente au pouvoir de ses amis Daniel Ortega au Nicaragua et Rafael Correa en Equateur.

Elu depuis 1999 à la tête du Vénézuéla, cet ex-officier putschiste, fils spirituel du Cubain Fidel Castro, a promis lors de son investiture un vaste plan de nationalisation dans le secteur de l'énergie et des télécommunications.

Au nombre des réformes, Chavez entend aussi supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels, actuellement restreints à deux, mettre fin à l'autonomie de la Banque centrale et rebaptiser le pays en «République socialiste du Vénézuéla». (ats)

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