Actualisé 06.06.2018 à 12:43

SuisseLe Parlement veut sauver l'Agroscope

Le Conseil des Etats a voté mercredi en faveur de l'institut de recherche, qui a fait face à de difficiles restructurations.

L'institution pourrait perdre 20% de son budget, soit 40 millions de francs.

L'institution pourrait perdre 20% de son budget, soit 40 millions de francs.

Keystone

Le Parlement se mobilise pour l'institut de recherche Agroscope. Alors que le National exige une suspension du projet de restructuration, le Conseil des Etats a adopté mercredi par 28 voix contre 6 une motion visant à empêcher la centralisation de l'institut.

Déposé par Géraldine Savary (PS/VD), le texte exige que la loi sur l'agriculture ne stipule plus que la Confédération «peut gérer» des stations de recherches agronomiques, mais qu'elle «gère» de telles stations. Le Conseil fédéral ne pourrait ainsi pas concentrer toutes les stations en un seul et unique endroit.

Le Conseil fédéral envisage de regrouper les activités d'Agroscope à Posieux (FR) afin de limiter les frais d'exploitation. L'institution pourrait perdre 20% de son budget, soit 40 millions de francs. Quelque 400 à 500 personnes devraient déménager ou faire les trajets.

Difficiles restructurations

Depuis 10 ans, Agroscope subit des restructurations difficiles à vivre par les employés et l'institution est soumise à des «oukases» de l'Office fédéral de l'agriculture, a critiqué Mme Savary. La Suisse a pourtant besoin d'une recherche diversifiée en prise directe avec les sols et les différentes régions du pays. La motion est suffisamment large pour ouvrir toutes les possibilités.

Le projet du gouvernement ressemble à un exercice d'économie pure néfaste à la recherche agricole, ont souligné plusieurs orateurs PDC. Toutes les interventions parlementaires sur le sujet exigent un gel du projet au profit d'une stratégie globale qui assure l'avenir de l'agriculture. «Il faut parfois savoir reculer pour mieux sauter», a relevé Ivo Bischofberger (PDC/AI).

Absolument désolé

Le ministre de l'agriculture Johann Schneider-Ammann s'est déclaré «absolument désolé» de l'insécurité générée par le projet, surtout pour les employés. Désireux d'assurer une recherche agronomique de premier plan, le ministre a aussi reçu un mandat d'économies. Ne voulant pas de coupes linéaires sur les dix sites d'Agroscope, il a esquissé le projet actuel.

L'ébauche a malheureusement fuité dans la presse après avoir été discutée au sein de la délégation ad hoc du gouvernement. La pause voulue par le Parlement ne peut pas être une interdiction de penser, a averti le libéral-radical qui compte la mettre à profit pour réfléchir à diverses options avec les milieux concernés.

Le National doit encore se prononcer sur la motion des sénateurs. Il a lui-même adopté lundi par 141 voix contre 34 une motion demandant au Conseil fédéral d'attendre jusqu'à ce que la restructuration ait été mise en consultation auprès des parties prenantes et que le financement de l'organisme ait été analysé. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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