Genève: Le Parquet bâcle l'enquête sur les bagarres en prison
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GenèveLe Parquet bâcle l'enquête sur les bagarres en prison

Les graves rixes de 2014 à Champ-Dollon étaient au menu du tribunal mercredi. D'étonnants manquements se sont faits jour.

par
Jérôme Faas
Des émeutes ethniques ont embrasé Champ-Dollon en février 2014.

Des émeutes ethniques ont embrasé Champ-Dollon en février 2014.

«Que comprendre? Qu'une plainte de détenu n'est pas vraiment une plainte?», interrogeait mercredi Me Yaël Hayat. Son client, maghrébin, a été violemment tabassé durant les bagarres ethniques qui ont secoué la prison de Champ-Dollon en février 2014. Balkaniques et Arabes s'étaient affrontés durant trois jours, faisant plus de 30 blessés. Pourquoi, comment? On n'en saura rien, tant l'instruction de ces faits a été négligée.

Sur le banc des accusés se trouve ainsi un Albanais que la victime n'a jamais désigné. Pire, il ne se trouvait pas dans la même aile de l'établissement que lui au moment des combats. Il est bien sûr acquitté. D'ailleurs, Me Hayat elle-même le souhaitait! «Le traitement de ce dossier m'étonne. Des faits graves se sont produits. Rixe, agression? Il faudra trancher. Le simulacre d'enquête me rend perplexe. Aucun gardien n'a été interrogé. J'ai cherché partout les images de vidéosurveillance, je ne les ai pas trouvées. L'ordonnance de condamnation (ndlr: le Parquet en a prononcé 31 en février 2015) indique que personne n'y est reconnaissable, j'ignore ce qu'elles révèlent. Aucune confrontation n'a été organisée. Et le seul individu nommé par mon client n'a pas été entendu.»

Le Ministère public, représenté sur l'affaire par le premier procureur Stéphane Grodecki, était absent mercredi. La juge, via une manœuvre technique, lui a renvoyé un bout du dossier. Il aura tout loisir de le classer. «Mais j'espère bien qu'avant, il va l'instruire», lâche Me Hayat.

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