Brésil: Assaut de Brasilia: la Cour suprême inclut Bolsonaro dans l’enquête

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BrésilAssaut de Brasilia: la Cour suprême inclut Bolsonaro dans l’enquête

Un juge de la Cour suprême du Brésil a annoncé vendredi qu’il incluait l’ancien président brésilien dans l’enquête sur le saccage des lieux de pouvoir à Brasilia le 8 janvier.

L’ex-président brésilien Jair Bolsonaro lors du second tour de l’élection présidentielle, le 30 octobre 2022.

L’ex-président brésilien Jair Bolsonaro lors du second tour de l’élection présidentielle, le 30 octobre 2022.

AFP

Le parquet général du Brésil avait demandé à la Cour de soumettre l’ancien chef d’État à des investigations pour clarifier son rôle dans l’assaut, par des milliers de manifestants bolsonaristes, de la Cour suprême, du palais présidentiel et du congrès dans la capitale. Le but est de «clarifier l’instigation et le magistère moral des actes antidémocratiques qui ont débouché sur des épisodes de vandalisme et de violence à Brasilia» dimanche, a précisé le parquet.

Jair Bolsonaro, battu de justesse par le candidat de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, «a effectué une incitation publique à l’exécution d’un crime» en diffusant sur les réseaux sociaux une vidéo «mettant en cause la régularité de l’élection présidentielle de 2022», a expliqué le parquet dans un communiqué.

Cette vidéo a été publiée deux jours après la violente invasion du siège de la présidence, du Congrès et de la Cour suprême par des milliers de bolsonaristes, puis effacée, a rappelé le parquet, mais elle pourrait apporter «un lien de preuve» justifiant «une enquête globale sur les actes effectués avant et après le 8 janvier 2023» par Jair Bolsonaro.

L’ex-président, qui se trouve aux États-Unis depuis fin décembre, avait déjà été épinglé vendredi pour des dépenses somptuaires durant son mandat avec la carte de crédit présidentielle, comme les 20’000 euros (20’100 francs) déboursés en une fois dans un modeste restaurant du nord du Brésil ou les 10’000 euros (10’050 francs) dans une boulangerie le lendemain du mariage de son fils.

Les relevés de compte de la carte de crédit présidentielle sur ses quatre années de mandat (2019-2022) ont été publiés sur un site en ligne officiel du gouvernement Lula, qui a commencé à lever un secret imposé pour 100 ans par son prédécesseur sur des milliers de documents officiels.

Projet de décret

L’ouverture d’une enquête visant Jair Bolsonaro suit une autre révélation déjà liée au remake de l’assaut du Capitole américain le 6 janvier 2021, et qui met en cause l’ex-ministre de la Justice, Anderson Torres, chez qui a été retrouvé un projet de décret qui aurait pu permettre l’annulation de l’élection de Lula à la présidence.

Ce document très compromettant révélé jeudi soir par le quotidien «Folha de S. Paulo» a été trouvé lors de perquisitions au domicile de cet ancien ministre, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour «collusion» présumée avec les auteurs des violences de Brasilia.

«Nous allons attendre qu’il se présente jusqu’à lundi. Si ce n’est pas le cas, nous lancerons la semaine prochaine la procédure de demande d’extradition», a annoncé vendredi Flavio Dino, ministre de la Justice de Lula, en fonction depuis le 1er janvier. Anderson Torres n’a cessé de clamer son innocence et a promis de rentrer au Brésil pour se rendre aux autorités, sans pour autant indiquer de date précise.

Le document de trois pages trouvé chez lui prévoit que le gouvernement fédéral prenne le contrôle du Tribunal supérieur électoral (TSE), qui veille à la bonne marche du scrutin, «pour assurer la préservation et le rétablissement de la transparence, et approuver la régularité du processus électoral de la présidentielle de 2022». Une mesure considérée comme anticonstitutionnelle par de nombreux juristes. Dans la pratique, cela signifie que l’intention aurait été d’annuler l’élection de Lula.

Le décret présidentiel – qui n’a jamais vu le jour – prévoyait la création d’une «commission de régulation électorale» pour remplacer le TSE, avec à sa tête une majorité de membres issus du ministère de la Défense (8 sur 17). Le document n’est pas daté, mais le nom de Jair Bolsonaro se trouve à la fin, sur un espace prévu pour sa signature.

(AFP)

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