Actualisé 21.03.2017 à 14:50

AllemagneLe parti d'Erdogan ne fera plus campagne

Toutes les manifestations prévues à l'avenir avec des responsables ont été annulées, a annoncé l'AKP au pouvoir à Ankara.

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Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a appelé à une «désescalade de la situation». (Dimanche 12 mars 2017)

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a appelé à une «désescalade de la situation». (Dimanche 12 mars 2017)

AFP
Des manifestants ont décroché le drapeau néerlandais sur l'ambassade des Pays-Bas à Istanbul pour le remplacer par l'étendard turc. (Samedi 11 mars 2017)

Des manifestants ont décroché le drapeau néerlandais sur l'ambassade des Pays-Bas à Istanbul pour le remplacer par l'étendard turc. (Samedi 11 mars 2017)

AFP
La manifestation a duré une partie de la nuit à Rotterdam. (nuit du 11 au 12 mars 2017)

La manifestation a duré une partie de la nuit à Rotterdam. (nuit du 11 au 12 mars 2017)

AFP

Plus aucun responsable turc n'ira défendre en Allemagne le «oui» au référendum du 16 avril prévoyant un renforcement des pouvoirs du président turc. La représentation à l'étranger de l'AKP, le parti du président Recep Tayyip Erdogan, a fait part mardi de sa position sur fond de polémique avec l'Allemagne.

«Toutes les manifestations prévues à l'avenir ont été annulées», a déclaré une porte-parole de la «cellule de coordination» à l'étranger de l'AKP. La décision «a été prise à Ankara», précise cette représentation de l'AKP basée à Cologne, dans une Allemagne qui compte la plus forte diaspora turque au monde, dont 1,4 million de personnes inscrites sur les listes électorales.

L'Union des démocrates turcs européens (UETD), organisation pro-Erdogan de la diaspora turque, annonce elle aussi dans le magazine allemand Wirtchaftswoche qu'elle n'organisera «aucune nouvelle manifestation» impliquant des ministres turcs d'ici le 16 avril en Allemagne.

Des «réunions d'information» restent cependant prévues «au niveau local», sans représentant du gouvernement turc, précise le président de l'UETD, Zafer Sirakaya. Cette décision, après plusieurs semaines de bras de fer entre la Turquie et plusieurs pays européens dont l'Allemagne, intervient au lendemain de menaces d'Angela Merkel d'interdire tout meeting aux responsables turcs. La chancelière a peu goûté les dernières attaques formulées dimanche par M. Erdogan, qui l'a accusée de «pratiques nazies».

Erdogan ne désarme pas

Recep Tayyip Erdogan a pour sa part réitéré mardi les appels à ses concitoyens à voter en faveur du renforcement de ses pouvoirs lors du référendum du 16 avril. «Je vous demande de donner une réponse que ceux qui nous regardent à la télévision, depuis l'étranger, nos citoyens, toute l'Europe et le monde entier puissent entendre», a exhorté le président turc lors d'un discours délivré à Ankara.

Il a énuméré les avantages que présenterait selon lui l'instauration d'un système présidentiel en haranguant une foule qui a répondu par un «oui» retentissant quand il lui a demandé si elle était pour «une seule nation, un seul drapeau, une seule patrie et un seul Etat».

Concernant l'annulation par certains pays européens (Pays-Bas, Allemagne) de meetings en faveur du référendum, M. Erdogan est revenu à la charge en affirmant que «les masques des pays européens sont tombés et on voit leur vrai visage (...). Cette Europe, comme c'était le cas avant la 2e Guerre mondiale, est raciste, fasciste et cruelle. Une Europe anti-islamique et anti-turque», a-t-il déclaré.

En réponse, le ministre-président du Land allemand de Hesse et vice-président de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de Mme Merkel, lui a répondu: «Trop, c'est trop ! M. Erdogan et son gouvernement ne sont pas bienvenus dans notre pays, et cela doit maintenant être bien compris», a déclaré mardi Volker Bouffier au micro de DeutschlandFunk. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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