Actualisé 04.12.2011 à 23:02

Legislatives russesLe parti de Vladimir Poutine en net recul

Les premiers résultats donnaient le parti de Vladimir Poutine, Russie Unie, en net déclin lors des législatives de dimanche. Il pourrait perdre la majorité absolue.

Les Russes sont amenés aux urnes, dimanche.

Les Russes sont amenés aux urnes, dimanche.

Selon des résultats portant sur 51,3% des bureaux de vote, Russie unie obtient 49,7% des voix contre 64,3% en 2007, a annoncé la commission électorale centrale.

«C'est la démocratie en action», a affirmé le président Dmitri Medvedev à la télévision. «On disait que le parti (...) chercherait à conserver sa position dominante en se livrant à des machinations, des manipulations», mais il a «prouvé qu'il avait le droit moral de poursuivre dans la voie que nous avons choisie».

«C'est un résultat optimal qui reflète la situation réelle dans le pays», a ajouté à ses côtés le Premier ministre Vladimir Poutine, les deux dirigeants balayant ainsi les accusations de fraude lancées tant par l'opposition libérale, des ONG, que le Parti communiste.

«En nous appuyant sur ce résultat nous pourrons assurer le développement stable du pays», a ajouté l'homme fort du pays, président de 2000 à 2008.

Le Parti communiste, principal mouvement d'opposition à la Douma (chambre basse), obtient 19,7% des voix, le parti Russie juste (centre-gauche) 12,9% et le parti libéral-démocrate (nationaliste) 12,2%. Le parti libéral Iabloko ne passe pas le seuil des 7% nécessaire pour avoir une fraction représentative à la Douma, selon ces résultats.

Système complexe

S'il est en baisse de près de 20 points par rapport à son résultat de 2007, le parti au pouvoir pourrait cependant parvenir à garder sa majorité absolue en sièges grâce à un système complexe de répartition des voix lié au mode de scrutin proportionnel.

Le parti Russie unie disposait d'une écrasante majorité des deux tiers dans la Douma sortante. Les sondages avaient révélé une baisse de popularité ces derniers mois de cette formation présidée par le Premier ministre Vladimir Poutine et dont le président Dmitri Medvedev était la tête de liste.

Les électeurs ont montré des signes d'apathie depuis que Vladimir Poutine, qui reste de loin la personnalité politique la plus appréciée, a annoncé sa candidature.

Fraudes «massives»

«Autant que je sache, il n'y a pas eu d'infractions», a affirmé le chef de la commission électorale centrale, Vladimir Tchourov, estimant que la participation avait été d'»au moins 60%».

Le Parti communiste a de son côté dénoncé des fraudes «massives». «Nous avons reçu des milliers de plaintes des états-majors régionaux, confirmant le caractère massif des infractions et des falsifications», a déclaré, dans un communiqué, Ivan Melnikov, membre du comité central du PC.

Le Parti communiste s'est joint ainsi aux accusations lancées par l'opposition libérale, les défenseurs des droits humains, des médias indépendants et des ONG qui ont dénoncé une campagne de pressions commencée bien avant le scrutin.

Plusieurs sites de médias indépendants et ceux d'une ONG recensant ces infractions étaient inaccessibles dimanche en raison de cyber-attaques orchestrées, selon eux, pour empêcher la diffusion d'informations sur les fraudes.

Il s'agit notamment des sites de la radio Echo de Moscou, du quotidien Kommersant, de l'hebdomadaire New Times, de l'ONG Golos ainsi que son site interactif «La carte des fraudes», qui était dans le collimateur des autorités depuis une semaine.

Etats-Unis inquiets

Les Etats-Unis ont exprimé leur inquiétude face à ce qui leur semble être des manoeuvres de «harcèlement» visant à empêcher Golos de surveiller le déroulement du scrutin.

Pendant la campagne, Vladimir Poutine a accusé des puissances étrangères de chercher à s'ingérer dans les préparatifs des scrutins législatif et présidentiel en finançant des ONG comme Golos.

(ats/afp)

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