Italie: Le Parti démocrate élit son chef, Renzi favori
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ItalieLe Parti démocrate élit son chef, Renzi favori

L'ex-premier ministre italien est bien placé pour reprendre la tête du parti de centre-gauche italien.

Accompagné de son épouse, Matteo Renzi a voté.

Accompagné de son épouse, Matteo Renzi a voté.

Keystone

Matteo Renzi espère une participation suffisante pour retrouver une légitimité sur la scène politique nationale.

Les milliers de bureaux de vote, installés dans des centres culturels, des bars ou des stands dans la rue ont ouvert à 8h et le resteront jusqu'à 20h.

Le scrutin est ouvert à tous les Italiens munis d'une carte d'électeur, de même que ceux âgés de plus de 16 ans ainsi que les citoyens de l'Union européenne résidents en Italie et les étrangers hors-UE disposant d'un titre de séjour en règle.

Ceux qui ne sont pas adhérents au PD doivent s'acquitter d'une contribution de deux euros.

Dans les faits, il n'était cependant pas toujours facile de trouver les bureaux de vote spéciaux pour les étrangers.

Agé de 42 ans, Matteo Renzi avait démissionné en décembre de son poste de chef du gouvernement, après le non massif des Italiens à un référendum constitutionnel dont il avait fait son principal cheval de bataille.

Enjeu: la participation

Dans la foulée, et face à la contestation de l'aile gauche de son parti, il avait aussi quitté mi-février la tête du PD, avec l'objectif d'obtenir une nouvelle légitimité dans un nouveau scrutin.

Il affronte pour cela deux autres candidats considérés comme plus à gauche que lui: Andrea Orlando, actuel ministre de la Justice, et Michele Emiliano, gouverneur de la région des Pouilles (sud).

Dans ce cadre, les récents sondages sont délicats, mais dans une première phase interne du scrutin, Matteo Renzi avait recueilli 66,7% des voix des adhérents, contre 25,3% pour M. Orlando et 8% pour M. Emiliano.

Lorsqu'il avait atteint la tête du parti en décembre 2013, Matteo Renzi avait recueilli près de 68% des voix de plus de 2,8 millions d'électeurs. C'est ce second score qui serait cette fois-ci une victoire.

«Plus qu'une compétition, nous sommes face à la légitimation, à une sorte de couronnement de Renzi en tant que leader du PD. On peut attendre un grand succès de Renzi, mais avec une participation faible des électeurs. Le peuple de gauche ne semble pas mobilisé», explique Lorenzo De Sio, professeur de sociologie politique à l'université Luiss à Rome.

Selon Michele Emiliano, l'élection sera un flop si elle ne mobilise pas au moins autant de monde qu'en 2013. M. Orlando a placé la barre à 2 millions de votants et M. Renzi... à un million.

Coalition avec Berlusconi ?

Le vainqueur du scrutin mènera le PD lors des prochaines élections législatives, prévues au printemps 2018, à moins que les parlementaires ne s'accordent plus tôt sur une réforme électorale en vue d'élections anticipées.

Lors de l'unique débat télévisé qu'il a accepté avec ses deux concurrents mercredi soir, M. Renzi a affirmé qu'il ferait «tout pour restituer énergie, élan et vigueur au pays», fustigeant «l'immobilisme qui semble avoir bloqué la vie politique et institutionnelle» du pays depuis la gifle du référendum.

Outre les différences de personnalités, MM. Orlando et Emiliano se montrant en général plus sobres que le bouillonnant Renzi, le débat a mis en évidence des différences touchant essentiellement à la politique nationale.

Contrairement à ses adversaires, Matteo Renzi est opposé à la mise en place d'un impôt sur les grandes fortunes.

Et si le scrutin proportionnel exige à nouveau de former une coalition après les prochaines législatives, MM. Orlando et Emiliano souhaiteraient gouverner avec l'ancienne aile gauche ayant fait sécession, ou avec d'autres partis de gauche, tandis que Matteo Renzi n'exclut pas une alliance avec le centre-droit de Silvio Berlusconi. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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