Kirghizstan: Le parti du pro-russe en tête aux législatives
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KirghizstanLe parti du pro-russe en tête aux législatives

Le parti Ar-Namys de l'ancien Premier ministre pro-russe Felix Koulov est en tête avec 22,1% des suffrages aux législatives de dimanche au Kirghizstan, selon un sondage de sortie des urnes publié par le site d'information spécialisé www.centrasia.ru.

Des soldats kirghizes devant le bureau de vote du village de Koy-Tash.

Des soldats kirghizes devant le bureau de vote du village de Koy-Tash.

Dimanche ont lieu les élections législatives censées marquer l'avènement de la 1ère démocratie parlementaire d'Asie centrale. Mais ce scrutin se déroulait sous haute tension après des violences meurtrières dans le pays ces derniers mois.

«C'est une journée historique pour le Kirghizstan», a estimé devant la presse la présidente par intérim Rosa Otounbaïeva, placée à la tête du pays jusqu'au 31 décembre 2011 à la suite du soulèvement sanglant (87 morts) qui a renversé en avril le président Kourbanbek Bakiev, au pouvoir depuis 2005.

Le taux de participation a atteint 42,5% à 17hOO locales, à trois heures de la fermeture des bureaux de vote à 16h00 suisses. Les premiers résultats sont attendus lundi.

Ex-république soviétique très pauvre, mais située à un point stratégique qui lui vaut d'accueillir des bases militaires tant russe qu'américaine, ce pays de 5,3 millions d'habitants sort d'une longue période d'instabilité. celle-ci a été marquée aussi par des heurts ethniques dans le sud qui ont fait entre 400 et 2000 morts selon les sources.

Nouvelle constitution

Une nouvelle Constitution a été adoptée en juin, qui supprime le système présidentiel, en vigueur dans les autres pays de la région, au bénéfice du parlement. Cette réforme a été saluée par les Etats- Unis mais vertement critiquée par la Russie dont le président Dmitri Medvedev estime qu'elle favorise l'extrémisme et la dislocation du pays.

Pays le plus volatile de la région qui a connu deux révolutions en cinq ans, le Kirghizstan peine à retrouver la stabilité et ce scrutin fait craindre de nouvelles violences. Mme Otounbaïeva a souligné avoir mobilisé toutes les structures publiques et privées disponibles pour assurer le déroulement pacifique du vote.

Son principal opposant, Felix Koulov, ancien général et premier ministre qui prône le retour à un régime présidentiel a déclaré à la presse que les troubles n'étaient «pas à craindre si les élections se déroulaient de manière honnête».

Selon des sondages, au moins six partis ont une chance de passer la barre des 5% nécessaires à une entrée dans ce Parlement de 120 sièges dont deux partis de centre-gauche soutenant le gouvernement intérimaire, le parti Ata-Meken et le Parti social-démocrate du Kirghizstan (SDPK).

Le président a le droit de proposer à deux reprises la composition du gouvernement. Si le parlement le rejette, les députés doivent soumettre leur proposition. En cas d'échec de cette tentative, le président doit dissoudre l'Assemblée. (ats)

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