Logiciels espions: Le Parti pirate porte plainte
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Logiciels espionsLe Parti pirate porte plainte

L'utilisation de logiciels espions par la police judiciaire fédérale et dans le canton de Zurich provoque l'ire du Parti pirate.

Le parti pirate a porté plainte vendredi contre l'emploi de logiciels espions par la police fédérale. Il estime que l'emploi de «chevaux de Troie» pour coincer les trafiquants de drogue, terroristes ou pédophiles présumés est potentiellement dangereux.

La plainte a été envoyée vendredi au Ministère public de la Confédération, a indiqué à l'ats Pascal Gloor, vice-président du parti. D'un point de vue juridique, la plainte contre x se concentre notamment sur la manière dont la police a introduit le cheval de Troie sur les ordinateurs visés, explique-t-il.

Les policiers ont sans doute dû pirater les appareils pour parvenir à implanter le cheval de Troie, souligne M. Gloor. L'envoi d'un e-mail annonçant au destinataire qu'il a gagné au loto et contenant de manière cachée le programme d'espionnage pourrait aussi éventuellement être problématique, imagine M. Gloor.

Cheval de Troie

Les logiciels de type cheval de Troie peuvent entraîner des dérives, selon le parti Pirate. En plus de la surveillance des communications, ils permettent de modifier des données contenues sur l'ordinateur. Il existe ainsi un risque que des «preuves» soient déposées sur un appareil à distance, explique le président du Parti pirate Denis Simonet.

Le danger ne viendrait pas nécessairement de policiers mal intentionnés, poursuit-il. Si un cheval de Troie est implanté sur un ordinateur sans que les processus d'authentification suffisants soient mis en place, il est ensuite possible à n'importe qui disposant des compétences nécessaires et d'une connection internet d'accéder à l'appareil.

«La lutte contre le terrorisme et d'autres crimes graves est nécessaire. Mais cela ne doit pas se faire au détriment de principes tels que la protection de la sphère privée», souligne M. Simonet.

Flou juridique

«Il ne s'agit pas de faire condamner qui que ce soit», se défend M. Simonet. «Avec cette plainte, nous voulons faire la lumière sur le flou juridique qui règne en matière de surveillance électronique».

L'utilisation de logiciels espions a été révélée à la mi-octobre dans les médias. Ils ont servi dans trois cas à la lutte antiterroriste, dans un cas lié à la criminalité organisée et dans une affaire de trafic de drogue. (ats)

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