Le passeport biométrique ne fait pas l'unanimité
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Le passeport biométrique ne fait pas l'unanimité

Les nouveaux documents d'identité biométriques sont critiqués par des militants tous partis confondus. Les organisations des droits humains dénoncent le «contrôle étatique» du citoyen.

Le référendum contre les nouveaux documents d'identité biométriques a été lancé fin juin dans la quasi indifférence générale. Venue de Suisse alémanique, la fronde n'a pas encore fait entendre sa voix même si la récolte de signatures est censée battre son plein.

Les opposants aux nouveaux passeports et cartes d'identité biométriques ont jusqu'au 2 octobre pour récolter 50 000 signatures. «Cela va être dur», reconnaît le porte-parole du comité référendaire Julien Sansonnens. «Non seulement nous ne pouvons pas compter sur le soutien d'un parti suisse, mais en plus l'été est la pire période pour lancer un référendum».

La fronde est menée tant à l'extrême gauche qu'à l'extrême droite de l'échiquier politique. Sur la liste des soutiens, Luc Recordon (Verts/VD), Carlo Sommaruga (PS/GE) ou le POP vaudois côtoient Dominique Bättig (UDC/JU), les jeunes UDC lucernois, des membres des Démocrates suisses (DS) et de l'UDF.

Contrôle étatique dénoncé

M. Sansonnens admet que les arguments des référendaires ne sont pas les mêmes que l'on se trouve à gauche ou à droite. Les Verts, les socialistes, les popistes et les organisations de défense des droits humains sont favorables au référendum parce qu'ils sont contre le contrôle étatique du citoyen. «L'ombre du scandale des fiches plane toujours», dit-il à l'ATS.

La gauche estime aussi que le projet est une péjoration du service public, précise M. Sansonnens. Pour se faire établir un document d'identité, les citoyens devront se rendre dans un centre cantonal ou régional parfois distant de 100 km. Cet argument a aussi fait mouche auprès de l'Association suisse des contrôles des habitants, opposé au projet mais hors du comité référendaire.

Parfois semblable, la position de la droite dure se concentre sur le fait que cette mesure est imposée par les Etats-Unis et l'Union europpéenne. «Toutes les données biométriques seront stockées dans une centrale de la Confédération et pourront être transmises à d'autres gouvernements ou entreprises étrangères, comme les compagnies aériennes», dénoncent les référendaires sur leur site internet.

(ats)

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