Affaire «scandaleuse» pour Obama: Le patron d'AIG appelle ses employés à rendre les bonus
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Affaire «scandaleuse» pour ObamaLe patron d'AIG appelle ses employés à rendre les bonus

Sous le feu des questions des parlementaires américains, le PDG d'AIG Edward Liddy a appelé mercredi les employés ayant reçu les primes versées par l'assureur américain à rendre volontairement au moins la moitié de leurs bonus.

Les cadres qui ont reçu plus de 100.00 dollars de bonus ont été invités à restituer tout ou partie de ces primes qui ont soulevé l'indignation. Certains d'entres eux ont déjà rendu 100% de leur prime, a affirmé le PDG.

Mais les parlementaires perdant patience, les dirigeants démocrates de la Chambre ont annoncé le vote dès jeudi d'un texte de loi qui permettra le retour de 90% des sommes sous forme d'impôts, pour AIG et d'autres sociétés dans une situation comparable.

Après avoir prêté serment, le PDG s'est expliqué devant la sous-commission financière de la Chambre des représentants sur le versement de ces primes d'un montant de 220 millions de dollars (167 millions d'euros), alors même qu'AIG a reçu une aide fédérale de 170 milliards de dollars (130 milliards d'euros) pour éviter sa faillite.

M. Liddy a souligné que le versement de ces bonus pouvait être défendu juridiquement comme étant une obligation légale de l'entreprise. Mais il a aussi ajouté qu'étant donné la polémique, il avait demandé à ceux qui disposaient de primes de plus de 100.000 dollars (environ 75.400 euros) d'en rendre au moins la moitié.

Par ailleurs, mercredi, le porte-parole d'AIG, Mark Herr, a annoncé que le siège de l'entreprise à Manhattan, ainsi qu'un autre immeuble de bureaux également situé à New York, allait être mis en vente.

Dans le même temps, qualifiant l'affaire AIG de «scandaleuse», le président américain Barack Obama a déclaré mercredi qu'il souhaitait faire adopter au Congrès une loi renforçant les pouvoirs de régulation du gouvernement sur les institutions financières pour que les contribuables «ne paient pas le prix» quand ces groupes connaissent des difficultés.

Le chef de la Maison Blanche a expliqué avoir ordonné des discussions avec les dirigeants du Congrès pour créer une nouvelle entité de régulation aux pouvoirs différents de ceux que «le FDIC a sur les banques».

Le Fonds fédéral de garantie des dépôts bancaires (Federal Deposit Insurance Corp., FDIC) a autorité pour protéger les créanciers, les dépositaires et les consommateurs. Barack Obama a estimé qu'une nouvelle législation renforçant les pouvoirs du gouvernement sur d'autres types d'institutions financières telles qu'AIG était indispensable pour faire en sorte que «nous ne retrouvions pas dans ce genre de positions terribles».

«Je pense que les gens ont le droit d'être en colère. Je suis en colère», a-t-il souligné. «Ce que je veux faire, c'est canaliser notre colère de manière constructive».

Mais la polémique sur AIG est l'arbre qui cache la forêt, a-t-il affirmé, pointant du doigt les pratiques de Wall Street.

«Toute aussi scandaleuse est la culture dont ces bonus sont le symptôme, et qui existe depuis beaucoup trop longtemps: excès d'avidité, excès des compensations, excès de la prise de risque», a-t-il affirmé. «Dans notre tentative de sortir de cette récession, j'espère que Wall Street et les marchés ne pensent pas reprendre leurs habitudes comme si de rien n'était».

Alors que l'affaire AIG entame sa popularité, Barack Obama a par ailleurs réaffirmé sa «confiance complète» en son secrétaire au Trésor Timothy Geithner, dont la gestion de ce dossier lui a attiré de nombreuses critiques au Congrès. «Il prend toutes les bonnes décisions en disposant de mauvaises cartes», a déclaré le président américain.

Edward Liddy a été nommé à la tête d'AIG en automne, et le versement de ces bonus -qui vont de seulement 1.000 dollars à 6,5 millions de dollars (761 à 4,9 millions d'euros)- avait déjà été décidé bien avant son entrée en fonctions.

Reste que l'annonce du paiement de ces primes a déclenché un scandale qui n'épargne pas l'administration Obama aux Etats-Unis. L'équipe du président et plusieurs élus tentent de remettre la main sur cet argent, et certains ont déjà fait savoir qu'ils tenteraient d'obtenir le remboursement des bonus. «Si vous ne les rendez pas de vous-mêmes, nous le ferons pour vous», a ainsi déclaré mardi le sénateur démocrate Charles Schumer. (ap)

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