Vaud/Fribourg: Le patron de La Télé reste optimiste

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Vaud/FribourgLe patron de La Télé reste optimiste

Eviction récente du rédacteur en chef, nomination d'un directeur de l'info, ouverture d'un bureau à Genève: la chaîne fait jaser...

par
Frédéric Nejad
La chaîne entend mieux couvrir La Côte à partir de... Meyrin.

La chaîne entend mieux couvrir La Côte à partir de... Meyrin.

«Avec ce repositionnement vers Genève, on redoute un ­démantèlement des moyens à Fribourg.» Cette inquiétude, exprimée en début de semaine à l'interne du média valdo-­fribourgeois, fait écho à la ­déception d'élus vaudois. Actionnaires de La Télé, ils espéraient une meilleure couverture dans leurs régions. «Nous sommes mécontents depuis le début des promesses non tenues, rappelle le syndic d'Yverdon, Daniel von Siebenthal. Et ce bureau à Genève n'est pas un bon signe. La Télé veut trop concurrencer la RTS.» Il n'exclut pas de se retirer du capital de La Télé, à terme.

Une vision partagée par le syndic de Vevey, Laurent Baillif: «L'évolution actuelle ne va pas dans le bon sens.» Le syndic de Lausanne se veut, lui, plus serein: «Nous nous dirigeons vers un glissement de la programmation sur le web», observe Daniel Brélaz, qui n'envisage pas de revenir sur les 18% de participation au capital de la chaîne.

Directeur et actionnaire principal, Christophe Rasch balaie sèchement les critiques et les doutes: «En 3 ans d'existence, nous nous approchons déjà de l'équilibre financier, assène-t-il. Alors, oui, notre chaîne change, se développe, elle s'apprête à grandir. Notre concession nous permet de couvrir la région importante qu'est La Côte, alors nous allons mieux le faire depuis ce bureau ouvert à Meyrin (GE).» Et Christophe Rasch de promettre que cela ne se fera pas au détriment de Fribourg: «Nous allons mieux répartir les forces et les moyens.»

Chef commercial démis de son poste

Ex-responsable marketing chez Edipresse, Patrice Matthey occupait le poste de directeur commercial et marketing de La Télé depuis son lancement en été 2009. Mais il va devoir quitter cette fonction et deviendra indépendant. «Ce sera en effet le cas vers la fin novembre, reconnaît-il. Mais je reste lié à la chaîne avec les émissions que je produis et présente.» Le chef des programmes et celui des finances ont, eux, quitté La Télé en 2010.

"La stratégie de la Télé n'est pas cohérente"

Conseillère municipale d'Yverdon (exécutif communal), Marianne Savary représente depuis le début de l'été la vingtaine de communes vaudoises au sein du Conseil d'administration de La Télé SA, excepté Lausanne. Elle partage l'inquiétude et la déception du syndic Daniel von Siebenthal. "Il n'y a plus de couverture régulière du Nord vaudois et de la seconde ville du canton de la part de cette chaîne. Sa direction a décidé de choisir une politique davantage tournée vers l'actualité fédérale avec son bureau à Berne, s'éloignant ainsi de l'info locale. Et l'ouverture d'un bureau à Genève n'est pas compréhensible à nos yeux, d'autant plus que La Télé a fermé par le passé les studios à Yverdon." Marianne Savary critique la stratégie de Christophhe Rasch, et rappelle que la question du retrait du capital de La Télé a déjà été posée au Conseil communal d'Yverdon.

En date du 29 novembre 2010, la commune d'Yverdon possédait plus de 120'000 fr. dans le capital de La Télé. Lausanne en détient 490'240, soit une perte de près d'un demi million de francs de valeur de ses titres par rapport au lancement de la chaîne en 2009. Et par le truchement de Boisy TV SA, détenue par les Services industriels lausannois, la capitale vaudoise possède encore 90'000 fr. d'actions en plus. Un sujet qui n'a pas l'air de plaire au syndic Daniel Brélaz: "Nous n'envisageons pas de nous retirer du capital de La Télé, mais il est certain qu'un accroissement de nos actions dans cette chaîne est exclu au niveau du Conseil communal, vu la situation actuelle."

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