Actualisé 26.08.2009 à 18:10

Genève

«Le patron du Griffin's fait la loi comme il l'entend»

Ouvert en grande pompe au printemps, le club huppé paie ses employés au noir et a licencié les mécontents.

de
Didier Tischler

«Nous avons été engagés sur parole en juin, avec des promesses de contrat, avant d'être licenciés pour raisons économiques fin juillet. On nous doit encore de l'argent.» Quatre cuisiniers du Griffin's estiment avoir été jetés comme des malpropres. «Nos salaires étaient versés de main à main et le sont toujours pour nos ex-collègues, affirment-ils. Lorsque nous demandions au patron ce qu'il en était des contrats écrits, il disait que ça allait venir.»

Pour les syndicats, «cette conduite est inacceptable. Ce monsieur fait la loi comme il l'entend et agit en toute impunité.» Et de donner l'exemple d'employés qui enchaîneraient un horaire nocturne au Griffin's avec du boulot dans un autre des ses établissements.

L'homme n'en est pas à son coup d'essai. Ancien gérant du Velvet et aussi patron du B-Club, il aurait des dizaines d'actions engagées contre lui aux tribunaux par d'anciens salariés. «Il ne se rend pas aux convocations judiciaires et ne répond pas aux courriers», explique un employé viré du B-Club. «Ce dossier est compliqué, précisent les syndicats, car chaque établissement correspond à une société différente.»

Le patron du Griffin's n'a pas souhaité s'exprimer.

Un patron indéfendable

«Tous nos membres, y compris les patrons des établissements de nuit, même si c’est un milieu particulier, se doivent de respecter les conventions collectives, a réagi Laurent Terlinchamp, président de la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers. Une minorité de patrons sont hélas indéfendables. Ces gens-là doivent être amendés.»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!