Genève – Le patron indélicat du Reculet serait un récidiviste

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GenèveLe patron indélicat du Reculet serait un récidiviste

L’ancien gérant du restaurant aurait, selon Unia, plusieurs casseroles dans des entreprises dédiées à la restauration.

par
Maria Pineiro
C’est une société sous-traitante de Manor qui a été dénoncée au syndicat Unia.

C’est une société sous-traitante de Manor qui a été dénoncée au syndicat Unia.

Tamedia AG

L’affaire du restaurant Le Reculet avait défrayé la chronique début octobre: des salaires impayés et des sous-locations illégales en cascade dans un local appartenant à la Ville de Genève avaient été dénoncés. Or, selon le syndicat Unia, le patron de l’établissement, via sa société Sefinvest SA, aurait également eu plusieurs fois maille à partir avec lui concernant un stand de nourriture en sous-traitance à Manor. L’organisation de défense des travailleurs relate avoir dénoncé en 2019 le Palais des Lys, une société administrée par le même homme, pour «détournement des cotisations sociales, paiement partiel des salaires et usure». Elle indique qu’à la suite de la faillite de l’entreprise, «des centaines de milliers de francs restaient dus aux travailleurs».

Patron caché

Unia a annoncé mardi avoir été contacté cet été par trois anciens employés d’un autre sous-traitant de la grande surface. Les travailleurs se sont plaints d’avoir été payés en dessous du salaire minimum genevois pour leur travail sur ce stand alimentaire. D’après Camila Aros, secrétaire syndicale, leur patron, dont le nom ne figure pas au registre du commerce, aurait été le même que celui du Palais du Lys. «C’est lui qui leur a fait signer les contrats et lui qui tous les matins livrait la marchandise depuis le parking de Manor, pour ne pas être repéré à l’intérieur.» Elle ajoute que l’un des trois lésés présumés avait travaillé au Reculet avant d’être transféré sur le stand de nourriture.

Liens avec la société réfutés

Camila Aros se félicite qu’après l’intervention d’Unia auprès de Manor, les employés aient pu récupérer leur dû. Contacté, le patron de Sefinvest a indiqué à «20 minutes» n’avoir aucun lien avec l’entreprise incriminée. «Le syndicat dit des mensonges, je n’ai rien à voir avec cette histoire. Tout cela, c’est de la diffamation et de la calomnie. Je me réserve le droit de porter plainte.» Quant à la société Palais des Lys, il a affirmé avoir été grugé et avoir saisi la justice. Une procédure est effectivement en cours suite à une dénonciation et à une plainte, a confirmé le pouvoir judiciaire sans en dévoiler davantage. La présomption d’innocence prévaut. Contacté, Manor a précisé avoir «adressé un courrier à la société, exigeant le respect du salaire minimum légal en vigueur dans le canton de Genève, ce qui a conduit à la résolution du litige. La question de la poursuite de la collaboration s'est posée; à ce jour Manor a décidé de la poursuivre».

D’autres cas?

Un mois après avoir médiatisé l’affaire du Reculet, Laurent Tettamanti, secrétaire syndical de l’Association romande des travailleurs, a précisé avoir déposé quatre dossiers auprès du Tribunal des Prud’hommes, «face à l’impossibilité d’entrer en contact avec l’administrateur de Sefinvest». Il a indiqué par ailleurs avoir été contacté par au moins une autre victime potentielle du gérant indélicat, employé dans une boucherie française sise juste à côté de la frontière.

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