Le patronat veut plus de migrants, Londres veut moins de clandestins

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Royaume-UniLe patronat veut plus de migrants, Londres veut moins de clandestins

Au Royaume-Uni, face à la pénurie de travailleurs, les patrons demandent un effort en matière d’accueil de migrants. Rishi Sunak ne veut que les «meilleurs et les plus brillants», pas les clandestins.

Rishi Sunak ne voudrait que des migrants brillants.

Rishi Sunak ne voudrait que des migrants brillants.

AFP

Le patronat britannique demande plus de migrants au Royaume-Uni pour répondre à une sévère pénurie de travailleurs dans le pays, mais la priorité du Premier ministre, Rishi Sunak, reste la lutte contre l’immigration clandestine, a-t-il fait valoir lors d’un discours à l’ouverture de la conférence annuelle de la Confédération de l’industrie britannique (CBI), lundi.

«La priorité du pays sur l’immigration, c’est de lutter contre l’immigration clandestine», a assuré, à Birmingham, Rishi Sunak, qui s’est de nouveau défini comme un ardent partisan du Brexit, la sortie britannique de l’Union européenne, devenue effective début 2021. «J’ai voté pour le Brexit. Je crois et je sais que le Brexit peut apporter et apporte déjà d’importants bénéfices et opportunités pour le pays», a-t-il ajouté, citant la reprise du contrôle de l’immigration par le Royaume-Uni depuis la sortie de l’UE ou les accords commerciaux signés avec d’autres pays.

Il s’est toutefois dit «sans équivoque» en faveur d’un système migratoire qui serait «attractif pour les» candidats à l’immigration «les meilleurs et les plus brillants». Auparavant, le Premier ministre avait livré un vibrant plaidoyer pour l’innovation, promettant de tout faire pour la relancer au Royaume-Uni, alors que celle-ci a selon lui trop ralenti depuis la crise financière.

«Plus nous allons innover, plus nous allons avoir de croissance, et nous avons un plan pour ces deux aspects», a promis le Premier ministre au cours d’une intervention accueillie plutôt mollement par le parterre de participants.

Entre stagnation et inflation

Tony Danker, le directeur général de la CBI, principale organisation patronale du pays, a toutefois appelé, en réaction aux propos du Premier ministre, à plus de détails sur ce plan: «Les entreprises investissent en ce moment même et ont besoin d’en savoir plus sur les objectifs du gouvernement, aussi vite que possible.»

Plus tôt, Tony Danker avait ouvert la conférence de la CBI, qui va durer deux jours et est la première en présentiel depuis la pandémie, en rappelant que le Royaume-Uni se trouvait «en stagflation – frappé par une inflation galopante et une croissance négative». Le pays est entré en récession, et son produit intérieur brut (PIB) devrait se contracter encore de 1,4% l’an prochain, prévoit l’OBR, l’organisme de prévision budgétaire public. L’inflation est, elle, à 11%, un record depuis quatre décennies.

Assouplir les règles

«La seule chose qui tient la croissance, ce sont les heures travaillées en hausse, grâce à une immigration en hausse», a assuré Tony Danker devant une salle pleine de dirigeants d’entreprises au centre de conférence Vox, à Birmingham. Le patron du CBI a notamment appelé à assouplir les règles d’immigration.

«Ayons une migration économique dans les domaines où nous n’allons pas avoir les travailleurs ou les qualifications chez nous de sitôt. En retour, faisons que ces visas soient à durée fixe», a-t-il déclaré. «N’oubliez pas que le PIB est un simple multiplicateur de deux choses: les personnes et leur productivité. Et il est temps d’être honnête: nous n’avons pas les personnes dont nous avons besoin, ni la productivité.»

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(AFP)

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