Vanuatu: Le pays craint la pénurie alimentaire
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VanuatuLe pays craint la pénurie alimentaire

Les habitants du Vanuatu pourraient rapidement manquer de nourriture après le passage dévastateur du cyclone Pam qui a fait au moins 24 morts sur cet archipel du Pacifique Sud.

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16.03 La Chaîne du Bonheur (CdB) a lancé lundi un appel aux dons après le passage du cyclone Pam dans l'archipel du Vanuatu.

16.03 La Chaîne du Bonheur (CdB) a lancé lundi un appel aux dons après le passage du cyclone Pam dans l'archipel du Vanuatu.

Keystone
16.03 Le président du Vanuatu a indiqué lundi que «tout était à reconstruire» après le passage de Pam, qui a dévasté l'archipel du Pacifique Sud, appelant à l'aide de la communauté internationale.

16.03 Le président du Vanuatu a indiqué lundi que «tout était à reconstruire» après le passage de Pam, qui a dévasté l'archipel du Pacifique Sud, appelant à l'aide de la communauté internationale.

Reuters/Stringer
14.03 A Port Vila, le passage du cyclone Pam a fait d'énormes dégâts samedi. Dimanche, une ONG estimait que jusqu'à 90% des habitations de la ville avaient été endommagées.

14.03 A Port Vila, le passage du cyclone Pam a fait d'énormes dégâts samedi. Dimanche, une ONG estimait que jusqu'à 90% des habitations de la ville avaient été endommagées.

Reuters/Handout

Les communications avec les quelques 80 îles de l'archipel, où on ne pouvait encore accéder que par bateau, n'étaient toujours pas rétablies mardi, et les organisations humanitaires ont dit connaître les pires difficultés qu'elles aient jamais connues, redoutant l'émergence d'épidémies. Le Premier ministre Joe Natuman a déclaré qu'il faudrait au moins «encore une semaine» avant que les autorités puissent évaluer l'étendue des destructions.

Mardi matin des tas de feuilles et de branches encombraient les rues de la capitale Port-Vila, balayée vendredi comme tout l'archipel de 270'000 habitants par le cyclone de catégorie 5 - la plus élevée - accompagné de rafales de vent supérieures à 320 km/h. Samson Toara, un jeune Vanuatais de 25 ans, a eu le sentiment qu'«un gros avion volant à très basse altitude» lui passait au-dessus de la tête. L'archipel prisé des touristes pour ses plages de sable blanc et ses eaux turquoises est habitué aux intempéries. Mais les anciens n'avaient jamais vu un tel désastre.

«Avant, il nous fallait un à trois mois pour nous remettre. Ca sera plus long cette fois ci», a confié à l'AFP Ruby Esau, 60 ans. Des habitants retiraient des débris de toitures métalliques des routes autour des maisons, ou débitaient les arbres tombés à la machette. D'autres tentaient de faire sécher leurs affaires - sur le sol ou sur du fil à linge. Le bilan fait état pour l'instant de 24 morts, selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), et de 30 blessés, selon le président Baldwin Lonsdale. Lundi, M. Lonsdale a expliqué, la voix étranglée par l'émotion, que les besoins étaient immenses. «Dans l'immédiat, il nous faut un soutien humanitaire, à plus long terme nous avons besoin d'une aide financière et d'assistance pour commencer à reconstruire nos infrastructures. Nous avons tout à reconstruire», a-t-il souligné.

Cultures toujours comestibles

Selon Benjamin Shing, du cabinet de M. Lonsdale, la pénurie alimentaire menace les survivants. «La première semaine, nous comptons sur le fait que les cultures et les jardins sont toujours comestibles (...) mais après la première semaine, nous aurons besoin d'avoir des rations sur le terrain», a-t-il dit mardi à la télévision australienne ABC. Les associations humanitaires ont dit éprouver les pires difficultés pour aider les sinistrés alors que les îles du sud de l'archipel, les moins accessibles, semblent avoir été frappées le plus durement. Une première équipe de secouristes a pu se rendre sur l'île de Tanna, à environ 200 kilomètres de Port-Vila.

«D'après leurs premières observations, les dégâts sont bien plus graves qu'à Port-Vila», a déclaré à l'AFP Tom Perry, de l'ONG CARE, précisant que sur les 24 morts attribués à Pam, 5 avaient été recensés sur Tanna. L'hôpital local fonctionne mais son toit a été emporté, a-t-il ajouté. Selon la ministre australienne des Affaires étrangères Julia Bishop, «plus de 80% des maisons et des immeubles ont été partiellement ou complètement détruits» sur cette île. Dans la capitale, ce sont 90% des habitations qui ont été endommagées.

L'eau et l'électricité avaient été partiellement rétablies mardi. L'état d'urgence a été décrété dimanche dans tout le pays et un couvre-feu instauré à partir de 18 heures pour éviter les pillages. La France a annoncé mardi un accroissement «dans les prochains jours» de son aide à l'issue d'un entretien téléphonique des présidents deux pays, François Hollande et Baldwin Lonsdale.

«Nous n'avons mangé que des conserves de poisson»

Malgré le ballet d'avions militaires français, australien et néo-zélandais débarquant dans l'archipel chargés de vivres, les ONG n'ont aucun moyen de distribuer de l'aide dans les îles les plus reculées. Il faudra des jours, disent-elles, pour atteindre chaque village rasé par la tempête. Jacqueline de Gaillande, responsable de la Croix-Rouge à Port-Vila, a dit craindre une recrudescence de la malaria, de la dengue et de la leptospirose.

Au moins 3300 personnes se trouvent dans 37 centres d'hébergement, selon l'ONU. Parmi elles, Melissa Song, une jeune femme de 22 ans, réfugiée dans un hôtel touristique avec neuf membres de sa famille, dont trois jeunes enfants et un nourrisson.

«Nous n'avons pas dormi depuis jeudi et nous n'avons mangé que des conserves de poisson et de porc», dit-elle. D'après l'Unicef, la catastrophe pourrait affecter jusqu'à 60'000 enfants, qui sont particulièrement vulnérables dans ce pays pauvre où le taux de malnutrition est élevé.

L'organisation s'emploie à mettre sur pied quelques espaces d'accueil pour permettre aux enfants de jouer, de lire et d'apprendre en attendant la réouverture des écoles. Mais la principale inquiétude porte sur l'accès à la nourriture. «La sécurité alimentaire risque d'être un problème récurrent et nous devons trouver les moyens d'assurer aux enfants une bonne alimentation», a confié une responsable de l'Unicef, Mioh Nemoto. Le président Lonsdale a estimé que le «changement climatique» avait «contribué au désastre»: «Nous assistons à la montée du niveau de la mer, à la modification des schémas météorologiques.» (ats)

Appel de dons de la Croix-Rouge

La plus grande partie des six provinces de l'archipel Vanuatu reste inondée et inaccessible après le passage du cyclone Pam, a affirmé mardi la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge qui lance un appel de 3,9 millions de francs pour aider 60'000 victimes. Une centaine de volontaires de la Croix-Rouge locale sont actifs sur le terrain.

Les communications sont intermittentes et il est encore difficile de se faire une idée précise de l'ampleur des besoins humanitaires, selon les agences de l'ONU. Selon les autorités, au moins 130'000 personnes sont sinistrées sur une population de 277'000 habitants.

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