Maldives: Le pays s'enfonce dans le chaos et la violence
Actualisé

MaldivesLe pays s'enfonce dans le chaos et la violence

L'archipel est en proie à une grave crise politique doublée de nombreux heurts entre opposants et supporters du président démissionnaire Mohamed Nasheed.

La crise s'est ouverte mardi sur l'archipel peuplé de 330'000 musulmans sunnites.

La crise s'est ouverte mardi sur l'archipel peuplé de 330'000 musulmans sunnites.

Les Maldives s'enfonçaient jeudi dans une crise politique émaillée de violences, suscitant l'intervention de l'armée dans la deuxième plus grande localité de l'archipel. Les touristes n'étaient pour l'heure pas affectés.

Une crise s'est ouverte mardi sur l'archipel peuplé de 330'000 musulmans sunnites après la démission de Mohamed Nasheed, le premier président démocratiquement élu, dans la foulée d'une mutinerie de policiers et de semaines de manifestations d'opposants.

M. Nasheed a accusé son successeur, Mohamed Waheed, de l'avoir évincé du pouvoir lors d'un coup d'Etat orchestré par des dirigeants de l'opposition avec le soutien des forces de sécurité. Ces allégations ont été démenties par l'intéressé.

Mandat d'arrêt contre Nasheed

Selon des cadres du parti de l'ancien président, le Maldivian Democratic Party (MDP), un tribunal a émis un mandat d'arrêt à l'encontre de l'ancien président. La police a confirmé avoir reçu l'ordre d'arrêter M. Nasheed.

Mohamed Nasheed a annoncé jeudi à des journalistes qu'il attendait chez lui à Malé, capitale de l'archipel, que les forces de l'ordre viennent l'interpeller.

«Le ministre de l'Intérieur a émis le voeu que je devienne le premier ancien président à passer le restant de mes jours en prison», a déclaré Nasheed, qui est apparu détendu et souriant et ne montrant pas trace des coups qu'il aurait reçus mercredi soir lors de la dispersion d'une manifestation en sa faveur.

«J'espère que la communauté internationale aura conscience de ce qui se passe aux Maldives», a-t-il ajouté en exprimant son espoir d'une action diplomatique rapide.

Violences et arrestations

Dès mercredi soir, la violence s'est propagée hors de Malé. La deuxième plus grande ville de l'archipel des Maldives, Addu (32'000 habitants), était jeudi en proie au chaos après une nuit de violences au cours de laquelle des postes de police ont été attaqués et incendiés, selon le maire d'Addu City.

«Il n'y a plus ni loi ni ordre. C'est un total effondrement», a indiqué Abdulla Sodig. Environ 300 policiers et militaires ont débarqué par bateau depuis Malé pour procéder à des arrestations, a- t-il dit.

Le maire avait précédemment indiqué que des troupes d'une base militaire proche étaient occupées à protéger l'aéroport de Gan, où de nombreux touristes étrangers atterrissent depuis Malé, avant d'être acheminés vers de luxueux hôtels répartis sur les îles.

«Les touristes se rendant directement dans les hôtels devraient être en sécurité mais personne ne devrait venir dans la ville», a prévenu le maire. L'archipel aux près de 1200 îles, destination touristique de luxe réputée pour ses lagons et ses plages de carte postale, a attiré l'an dernier plus de 850'000 visiteurs. Le tourisme représente une manne vitale pour le pays.

Lutter contre «l'anarchie»

A Malé, des heurts se sont produits mercredi entre la police et des milliers de partisans de l'ancien président, qui s'étaient rassemblés pour dénoncer la «prise de pouvoir» de son successeur. Des informations de presse, non confirmées, ont fait état de trois morts.

Pour tenter de lutter contre l'«anarchie», M. Waheed, qui planche sur la formation d'un gouvernement d'«unité nationale», a déjà nommé le ministre de l'Intérieur et celui de la Défense après la mise à sac de plusieurs postes de police et l'incendie de bâtiments gouvernementaux sur des atolls.

Un chef-inspecteur de la police, Abdul Mannan Yoosuf, a confirmé que la violence s'était propagée à plusieurs atolls éloignés, mais il a assuré que les établissements hôteliers n'étaient pas affectés.

Dans ce contexte, la famille de l'ancien président a fui au Sri Lanka. «Sa femme et ses deux enfants sont arrivés à Colombo et ont parlé au président (sri lankais) par téléphone hier soir (mercredi)», a déclaré Bandula Jayasekera, un porte-parole du chef de l'Etat sri lankais, Mahinda Rajapakse.

(ats)

Ton opinion