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GéorgieLe pays se reconstruit après le départ des soldats russes

Des détritus et des tranchées vides, c'est tout ce qui restait dimanche soir du poste militaire russe de Nabakhtevi.

Il était le premier à être démantelé dans le cadre de l'accord sur le retrait des forces russes de Géorgie, hors régions séparatistes.

Le chef du district, Micha Mikadze, marche parmi les cannettes de bière, les mégots de cigarettes et paquets de nourriture vides que les Russes ont laissés derrière eux.

«Ils sont partis et maintenant, tout va bien aller. Nous allons reconstruire, c'est comme ça que sont les Géorgiens», dit-il.

Mais la présence des Russes va encore se faire sentir pendant des mois, assure-t-il aussi, parce qu'ils ont pollué la principale source d'eau potable du village et ont empêché les agriculteurs d'accéder à leurs champs

Plus de 30 soldats sur place

Le poste de contrôle au sud-ouest de la «zone de sécurité», que les Russes ont créée en bordure du territoire séparatiste géorgien de l'Ossétie du Sud, a été démantelé conformément à l'accord conclu entre Moscou et l'Union européenne.

Le texte prévoit le retrait des forces russes de ce territoire et de la zone adjacente à l'autre région sécessionniste d'Abkhazie, d'ici le 10 octobre.

Plus de trente soldats se trouvaient depuis la mi-août sur cette position, installée sur une colline qui surplombe le village de Nabakhtevi, à environ 15 km de l'Ossétie du Sud, et d'où on peut voir les routes à des kilomètres à la ronde.

Des tranchées indiquent l'endroit où les soldats avaient installé leur campement. Autour de ce qui servait de cantine, des épis de maïs jonchent le sol. Ils ont été cueillis dans les champs autour, dit Micha Mikadze.

Rouleaux de fils barbelés évoqués

Des détritus entourent également la source, qui fournit de l'eau à 90% des 920 habitants du village.

«Maintenant, c'est sale, et les gens ne peuvent boire l'eau qui vient d'ici», explique-t-il.

Plus haut sur la colline, une plate-forme en bois installée dans un arbre surplombant des vignes servait de position pour les tireurs d'élite. Des morceaux de rouleaux de fils barbelés sont abandonnés sur une route étroite entre les champs.

M. Mikadze raconte que la présence des soldats russes a empêché les villageois de faire les vendanges, une source importante de revenus.

Aide d'Etats européens

«Nous n'allons pas avoir un kilo de raisins cette année», dit-il. «Maintenant, c'est trop tard. Il n'y a plus rien à cueillir», ajoute-t-il encore.

Gela Gelachvili, un agriculteur du village qui cultive du maïs, des haricots et du blé, raconte qu'il a eu de la chance et a pu récolter la plus grande partie de sa production. Mais il s'inquiète pour les semences.

«C'est déjà tard, je pourrais perdre la moitié de ma production», explique-t-il.

Mais il se dit très heureux du départ des Russes et encouragé par les promesses d'aide financières formulées par plusieurs Etats occidentaux. «Si l'Europe nous aide, tout ira bien», dit-il. (ats)

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