21.09.2020 à 16:03

Coronavirus en SuèdeLe pays serait sur le chemin de l’immunité de groupe tant espérée

Alors que le spectre d’une deuxième vague devient réel dans toute l’Europe, la Suède, qui a adopté une stratégie moins stricte que ses voisins depuis le début de la pandémie, semble voir le bout du tunnel.

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La Suède n’a jamais fermé ses magasins, écoles et restaurants; elle a fait le pari de compter sur le civisme de ses citoyens, poussés, entre autres, à adopter la distance sociale et le lavage fréquent des mains. Ici, la photo a été prise le 19 septembre 2020 dans les rues de Stockholm.

La Suède n’a jamais fermé ses magasins, écoles et restaurants; elle a fait le pari de compter sur le civisme de ses citoyens, poussés, entre autres, à adopter la distance sociale et le lavage fréquent des mains. Ici, la photo a été prise le 19 septembre 2020 dans les rues de Stockholm.

AFP
L’épidémiologiste Anders Tegnell, homme de la stratégie suédoise, estime que le pays, très critiqué au départ, a pris la bonne décision.

L’épidémiologiste Anders Tegnell, homme de la stratégie suédoise, estime que le pays, très critiqué au départ, a pris la bonne décision.

AFP

Sur tout le continent européen, nombreux sont les pays qui font face à une flambée des cas de Covid-19, les poussant à adopter de nouvelles mesures afin d’enrayer la pandémie. Partout? Non! Car la Suède, seul pays a avoir misé sur une stratégie plus souple depuis mars, réussit à maintenir les nouvelles infections à un niveau plutôt bas depuis fin août.

Une bonne nouvelle, selon l’expert danois Kim Sneppen, cité par le journal danois Politiken, repris par 7/7. Selon ce professeur à l’Université de Copenhague, le pays pourrait en finir avec le coronavirus avant les autres: «Il semble que les Suédois aient acquis une certaine immunité contre le virus. Cette immunité, ajoutée aux gestes barrières, suffit pour garder la maladie sous contrôle. L’épidémie pourrait avoir été endiguée.»

«La baisse des cas est en partie due au fait que les conseils de l’agence de santé publique ont été très bien suivis par la population»

Anders Tegnell, épidémiologiste suédois

Pour rappel, la Suède n’a jamais fermé ses magasins, écoles et restaurants et a fait le pari de compter sur le civisme de ses citoyens, poussés, entre autre, à adopter la distanciation sociale et le lavage fréquent des mains. Une décision des autorités vivement critiquée par le monde entier puisque durant les trois premiers mois de la crise, le pays scandinave a fait face à une situation plus difficile en comparaison avec ses voisins. Mais six mois après le début de la crise, les chiffres ne montrent pas le chaos que beaucoup redoutaient.

L’épidémiologiste Anders Tegnell, à l’origine de la stratégie suédoise, cité par le Devoir, estime que la stratégie fonctionne: «La baisse des cas est en partie due au fait que les conseils de l’agence de santé publique ont été très bien suivis par la population. Depuis le début, ces recommandations ont toujours été les mêmes. Elles visent une gestion durable de la crise, et l’adhésion y est encore très élevée.» Toutefois, il semblerait que le chemin vers l’immunité de groupe a été difficile et plus lent que prévu.

Des «si» et des espoirs

Car si les scientifiques partent du principe qu’au moins 60% de la population doit être immunisée contre un virus pour obtenir une immunité de groupe, la Suède n’y est pas encore. Mais selon une étude récente de l’Université de Stockholm, 43% pourraient suffire pour atteindre le seuil tant espéré, seulement si les personnes infectées font partie du groupe des gens les plus actifs de la société.

Durant les 14 derniers jours, le nombre de nouveaux nouveaux cas en Suède s’est élevé à 28 cas pour 100 000 habitants, contre 186 en France, 300 en Espagne et 65 en Suisse. Le médecin urgentiste Sebastian Rushworth rapporte que «seule» une petite trentaine de personnes atteintes du Covid-19, sur une population de 2,4 millions à Stockholm, sont encore hospitalisées dans toute la capitale suédoise.

L’Italie et l’Angleterre, bientôt sorties d’affaire?

Ce dernier estime également que les pays touchés tels que l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie et États-Unis, sont sur le point de suivre le chemin de la Suède. À contrario, les pays ayant réussi à contenir le virus, comme le Danemark, l’Allemagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, devront certainement faire face à une crise plus longue, car ils devront alterner entre périodes de confinement et de relâchement durant «au moins un an».

Comme dans toute hypothèse, d’autres experts scientifiques sont plus nuancés face à cette prétendue immunité de groupe. En effet, la plupart pensent qu’une nouvelle recrudescence des cas en Suède n’est pas à exclure. Mais cela, seul l’avenir nous le dira…

(szu)

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502 commentaires
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JD

22.09.2020 à 14:52

Derrière le "miracle" suédois, il y a 2x plus de morts qu'en Suisse pour une population similaire, 20x plus que la Norvège, 10x plus que la Finlande . Les suédois ont du mérite et je n'ai aucune peine à croire qu'ils respectent scrupuleusement les mesures de distanciation sociales. Je serais toutefois curieux de savoir quel taux de la population a été en contact avec la maladie car celle-ci est tout aussi brutale en Suède que partout ailleurs. Si le virus tue 0,2% (estimation basse) chez nous, ce sera aussi 0,2% chez eux. 43% d'immunisés représentent 86'000 décès... Il me semble qu'on est encore loin de l'immunité collective! J'espère, comme tout le monde, une sortie de crise rapide mais ces prévisions. Avant de croire au miracle, il faut toutefois établir concrêtement ce que nous sommes prêt à accepter

RokiBabo

22.09.2020 à 07:13

Géographiquement, il faut dire qu'ils sont bien plus isolés que la Suisse.

sélection

22.09.2020 à 06:46

sélection naturelle. c'est la nature ...