Actualisé 19.01.2010 à 10:41

Rémunérations abusives

Le PDC bricole un contre-projet à l'initiative Minder

Le PDC veut bricoler en dernière minute un contre-projet direct pour contrer l'initiative populaire «contre les rémunérations abusives».

Le parti espère éviter ainsi que ce texte «mettant en danger des dizaines de milliers d'emplois» ne l'emporte devant le peuple.

Le parti démocrate-chrétien veut apporter une «réponse aux attentes légitimes du peuple, très remonté contre les excès d'une poignée de jongleurs» de l'économie, a déclaré son président Christophe Darbellay mardi lors d'une conférence de presse.

Face aux bonus indécents que le secteur financier s'arroge alors que le pays est en crise, les risques que l'initiative contre les bonus excessifs des managers passe sont réels, selon lui. Les textes populistes ont la cote; le passé récent l'a prouvé, a lancé le conseiller national Norbert Hochreutener (BE).

Le Conseil national se prononcera sur l'initiative de l'entrepreneur Thomas Minder durant la session de mars. Sa commission préparatoire, à la suite d'un vote confus, lui a proposé d'accepter le texte.

Pour éviter cette issue en plénum, le PDC entend transmettre un contre-projet direct à la commission, qui siège en fin de semaine prochaine. Le contre-projet indirect prôné par le Conseil fédéral et le Conseil des Etats, à savoir la révision du droit de la société anonyme, est trop complexe, selon Pirmin Bischof (SO).

Parachutes dorés écartés

La proposition du PDC n'est pas encore rédigée, mais elle tend par exemple à accorder le droit à l'assemblée générale d'une société de se prononcer sur les rémunérations globales du conseil d'administration. L'initiative exige que les actionnaires votent chaque année la somme des rémunérations des membres du conseil d'administration et de la direction.

Les démocrates-chrétiens proposent de fixer la durée des mandats des administrateurs à trois ans, avec la possibilité de passer à un an dans les statuts. Ils n'abordent en revanche pas la problématique des parachutes dorés, que l'initiative veut interdire.

La proposition du parti est certes tardive, «mais il vaut mieux tard que jamais», selon M.Darbellay.

(ats)

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