Succession Couchepin: Le PDC envoie Urs Schwaller dans la course au Conseil fédéral

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Succession CouchepinLe PDC envoie Urs Schwaller dans la course au Conseil fédéral

La course à la succession de Pascal Couchepin reste ouverte. Comme prévu, le PDC a officiellement lancé mardi Urs Schwaller.

L'UDC pose encore ses conditions à son soutien au PLR. Le PS n'entendra les candidats que dans une semaine, tandis que les Verts se murent dans le silence.

La seule décision tombée lors des séances hebdomadaires des groupes parlementaires est loin de constituer une surprise. Urs Schwaller sera le candidat du PDC le 16 septembre. Le conseiller aux Etats fribourgeois de 56 ans a fait le plein des voix au sein du groupe PDC/Verts libéraux/PEV: il a été nommé par les 48 votants.

Le Tessinois Luigi Pedrazzini et le Fribourgeois Dominique de Buman ont retiré leur candidature avant le scrutin mené à bulletins secrets. Trois des 52 membres du groupe étaient absents et Urs Schwaller n'a pas participé au vote, qui a eu lieu en un seul tour. Devant les médias, les représentants du parti ont tenu à saluer l'unité du PDC.

Latinité exclue

«Nous avons choisi le meilleur candidat, celui qui a le plus de chances d'être élu, qui vient d'un canton romand et parle parfaitement français», a estimé la vice-présidente du groupe Brigitte Häberli pour répondre à la question de l'origine alémanique d'Urs Schwaller.

Le conseiller national Dominique de Buman, porte-étendard de la cause latine, a reconnu que dans une élection de combat, la stratégie globale l'emportait. Le conseiller d'Etat tessinois Luigi Pedrazzini a fait lui aussi contre mauvaise fortune bon coeur, se félicitant d'avoir pu signaler l'importance d'une présence italophone au gouvernement en vue d'une prochain élection.

Reste désormais à convaincre une majorité de parlementaires d'élire Urs Schwaller plutôt que l'un des deux candidats officiels du PLR, le conseiller national genevois Christian Lüscher et le conseiller aux Etats neuchâtelois Didier Burkhalter. Officiellement, le PDC a très peu de chances d'obtenir des voix à droite.

UDC hésitant

L'UDC ne reconnaît pas le droit des démocrate-chrétiens à un deuxième siège au Conseil fédéral et n'auditionnera même pas le Fribourgeois. Le candidat le plus à droite, Christian Lüscher, pourrait avoir les faveurs du parti.

Mais les démocrates du centre, qui n'ont pas goûté les déclarations du Genevois qui pourrait se retirer en faveur de Didier Burkhalter, attendent du PLR qu'il s'engage à renoncer à tout jeu tactique. Sinon, ils lanceront leur propre poulain, le conseiller national fribourgeois Jean-François Rime, dans la course.

Les six membres du groupe bourgeois-démocrate n'ont pour leur part rien voulu dire de leur stratégie pour l'instant. Ils entendu les deux candidats PLR et auditionneront Urs Schwaller dans une semaine.

Gauche à couvert

Le sort du PDC reste donc suspendu aux voix de la gauche. Les Verts et le PS n'ont pas non plus tenu à dévoiler leur tactique à une semaine de l'élection. Les Verts ont bien auditionné les trois candidats, mais ils doivent encore évaluer leurs réponses et attendent de voir si l'UDC se lance aussi dans la course: ils se décideront le 15 septembre, a annoncé leur secrétaire générale Miriam Behrens·

Les socialistes procèderont au jeu des questions-réponses la semaine prochaine. Il n'est pas exclu qu'ils se laissent tenter par un autre papable. Andreas Gross (PS/ZH) a par exemple appelé récemment à élire le conseiller aux Etats Dick Marty (PLR/TI). (ap)

«C’est un message très fort»

Christophe Darbellay affiche sa satisfaction après la nomination, à l’unanimité, d’Urs Schwaller par le groupe parlementaire. Le président du PDC estime qu’une «étape importante a été franchie dans la stratégie de reconquête d’un deuxième siège démocrate-chrétien». Pour lui, cette unité affichée du parti est «un message très fort lancé par le PDC; il montre notre détermination».

Christophe Darbellay espère désormais que la semaine à venir serve à débattre des grands dossiers que le future élu sera appelé à gérer. «On a pas pris cinq minutes pour discuter du fond depuis le début de la campagne», reconnaît le Valaisan. Et d’afficher une certaine confiance en clamant qu’Urs Schwaller est le candidat le plus compétent pour reprendre les dossiers que laissera Pascal Couchepin à son successeur.

Quant à l’adversaire le plus coriace du PDC dans la course au Conseil fédéral, pour Christophe Darbellay il ne fait aucun doute qu’il s’agira de Didier Burkhalter, le PLR neuchâtelois. Il ne cite d’ailleurs même pas Christian Lüscher lorsqu’il mentionne le scrutin final. Et quand on lui demande pourquoi, il rétorque: «J’ai l’habitude de me concentrer sur des choses importantes. J’ai beaucoup de respect pour Christian Lüscher. Mais c’est un candidat pour faire plaisir à l’UDC».

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