Ville de Fribourg: Le PDC veut délivrer la ville de ses 140 millions de dettes
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Ville de FribourgLe PDC veut délivrer la ville de ses 140 millions de dettes

Le PDC propose un plan de désendettement total de la commune de Fribourg.

Pour effacer cette ardoise à plus de 140 millions de francs, il envisage de vendre les bijoux de famille et mettre à contribution la Bourgeoisie.

«A nouveaux défis, nouvelles solutions», a dit mercredi devant la presse Jean-Pierre Siggen, président du Parti démocrate-chrétien (PDC) de la ville de Fribourg, député et directeur de l'Union patronale cantonale. Selon lui, les intérêts de la ville changent.

Créer un centre cantonal fort entre Berne et Lausanne est aujourd'hui l'intérêt stratégique de Fribourg: résorber la dette est un des moyens permettant d'équilibrer le budget, d'éloigner la crainte d'une hausse d'impôts et envisager même une baisse de la fiscalité.

«Pas de tabous»

Cela rendrait la mariée plus attrayante dans le cadre d'une fusion à cinq ou six communes alors qu'aujourd'hui un taux d'impôt plutôt élevé soulève les réticences de certaines voisines. «Il n'y a pas de tabous», a répété M. Siggen.

Chef du groupe PDC au Conseil général, Thierry Gachet a énuméré les pistes possibles pour un désendettement de la ville: reprise par le canton de la participation de 17% aux Transports publics fribourgeois (TPF), vente au Groupe E de la part de la ville à Frigaz (43%), vente de certains actifs immobiliers non stratégiques ainsi que mise à contribution de la Bourgeoisie dans l'établissement du plan de désendettement.

Ces désengagements permettront à la ville de se concentrer sur ses tâches prioritaires. Mais désendetter Fribourg ne suffira pas à en faire un centre cantonal fort, a mis en garde M. Siggen: cette piste doit être menée en parallèle avec la mise en oeuvre de la nouvelle péréquation intercommunale et le plan d'analyse structurel proposé par l'exécutif de la ville.

Sans précipitation, mais avec détermination

Concrètement ce plan devrait faire l'objet d'un postulat déposé au Conseil général. S'il passe la rampe, la balle sera dans le camp de l'exécutif qui seul a la compétence de le mettre en oeuvre. Sa réalisation ne pourra se faire qu'avec la «participation constructive» des différents partenaires et une gestion intelligente du facteur temps. Donc pas de précipitation, mais l'espoir d'un horizon 2016.

Les propositions concernant la Bourgeoisie tiennent compte du fait que les actifs de celle-ci obéissent à des règles particulières qui les distinguent des autres éléments du plan de désendettement, a précisé M. Gachet. L'assemblée bourgeoisiale a par exemple des compétences bien définies.

Mais de l'avis de la rapporteure du groupe PDC au Conseil général Sandra Daguet, elle-même bourgeoise de la ville, la question du statut de la Bourgeoisie devra de toutes façons être examinée, d'une part en raison des projets de fusion, d'autre part en raison d'un différend juridique encore en suspens.

Recours toujours à l'étude

Les Verts veulent que la souveraineté budgétaire sur les biens bourgeoisiaux, exercée par l'assemblée bourgeoisiale, soit transférée au Conseil général. Ils ont fait recours auprès du préfet de la Sarine en février 2007 après que leur proposition dans ce sens a été jugée irrecevable par le législatif communal.

«Mon recours sera peut-être sans objet», se réjouit Rainer Weibel, conseiller général et avocat. Sur le ton de la plaisanterie, il réclame un copyright pour la proposition du PDC. (ats)

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