Le Pen, candidat de la «résistance nationale» face à une Europe «devenue folle»
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Le Pen, candidat de la «résistance nationale» face à une Europe «devenue folle»

SAINT-CLOUD - Le président du Front national Jean-Marie Le Pen s'est présenté vendredi comme le «seul» candidat à l'élection présidentielle capable d'incarner une «force de résistance nationale» face à une Europe «devenue folle», sans «direction» ni «frontières».

L'idée européenne «des pères fondateurs de l'Europe» est aujourd'hui un «astre mort», a commenté le président du Front national au cours d'une conférence au siège du FN à Saint-Cloud à l'occasion du 50e anniversaire du Traité de Rome.

A quatre semaines du scrutin présidentiel, Jean-Marie Le Pen veut poser aux Français la question «essentielle» de savoir quelle est la place d'un président de la République française au sein d'une Europe «toujours plus tentaculaire».

«Aura-t-il (...) au sein de l'Euroland moins de pouvoirs que le gouverneur d'un Etat américain ou que le président d'un land allemand? Ou bien sera-t-il l'ultime défenseur de la Nation française, de sa Constitution, de ses lois, de son droit, de ses coutumes face à l'hydre bruxelloise toujours plus tentaculaire?», s'est-il demandé.

Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou, a-t-il estimé, demandent aux Français un «blanc-seing» pour «affaiblir gravement la fonction présidentielle, la subordonner à la technocratie de Bruxelles», a-t-il accusé.

Avant d'aller voter, a-t-il poursuivi, les Français doivent savoir «ce que fera le futur président de la République, quelle sera sa marge de manoeuvre et s'il entend ou non résister à la tutelle de Bruxelles et à ses empiétements toujours plus graves».

M. Le Pen, «dernier parlementaire encore en activité à avoir voté contre le Traité de Rome en 1957 à l'Assemblée nationale», juge «possible» une renégociation des traités européens.

Une «Europe de la coopération dans les domaines scientifique, technologique, culturel et même militaire serait souhaitable et même nécessaire». Elle n'a pas «besoin des institutions européennes», mais de «souplesse sans bureaucratie», de «coopération sans sujétion».

En cas de désaccord avec «nos partenaires européens» ou «si les conditions posées étaient incompatibles avec notre vision de l'Europe, alors nous nous réserverions le droit de consulter les Français par référendum sur les questions européennes en général et sur l'Euro en particulier», a expliqué M. Le Pen.

Ultime solution: «sortir de cette Europe bureaucratique». Ce serait «un peu comme la dissuasion nucléaire», une arme de «dissuasion massive». Elle «existe pour que l'on ne s'en serve pas, mais elle existe», a conclu le président du FN. (ap)

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