Le Pen obtient les 500 signatures
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Le Pen obtient les 500 signatures

Jean-Marie Le Pen a atteint la barre des 500 parrainages nécessaires pour se présenter à la présidentielle, a fait savoir mercredi le Front national (FN).

Cette annonce lève une hypothèque de poids sur la campagne électorale.

«Le but n'était pas de maintenir le suspense. A partir du moment où on les a (les parrainages, ndlr), on le dit», a déclaré Marine Le Pen, la fille du candidat d'extrême-droite et directrice stratégique de sa campagne, voulant manifestement couper court à toute accusation de manipulation.

Suspense

M. Le Pen a maintenu durant plusieurs semaines le suspense sur sa candidature, assurant que réunir les 500 signatures d'élus serait «très difficile». Il avait notamment dénoncé des «pressions récurrentes» sur les maires qui avaient promis de signer pour lui, notamment de la part de son principal rival Philippe de Villiers, chef du Mouvement pour la France (MPF).

Une partie des commentateurs politiques avaient jugé que le chef du FN entretenait un faux suspense sur ses parrainages afin de se présenter en «victime», position électoralement intéressante pour celui qui entend être le véritable candidat «anti-establishment».

Mettant fin au suspense, Jean-Marie Le Pen devait se rendre dans l'après-midi au Conseil constitutionnel pour y déposer ses paraphes. A trois jours de la date-limite du dépôt des parrainages, il est ainsi devenu le septième candidat à avoir obtenu les signatures nécessaires, selon les estimations de Reuters.

Aux quatre candidats disposant grâce à leurs élus locaux et nationaux d'un vivier naturel de signatures que sont le centriste François Bayrou, la communiste Marie-George Buffet, la socialiste Ségolène Royal et l'UMP Nicolas Sarkozy s'ajoutent le souverainiste Philippe de Villiers et Gérard Schivardi, qui se présente comme le candidat des maires avec le soutien du Parti des travailleurs.

Engagement de Sarkozy

Le président de l'UMP avait assuré au début du mois qu'il se «battrait» pour que M. Le Pen, mais aussi le candidat d'extrême gauche Olivier Besancenot, obtiennent leurs parrainages et puissent concourir au premier tour de la présidentielle.

Marine Le Pen a affirmé que ce coup de pouce n'avait pas eu d'effet mesurable sur les rentrées de signatures et laissé entendre qu'il n'était pas dénué d'arrières-pensées politiques.

La chasse aux signatures a en revanche été fatale à l'écologiste Antoine Waechter, qui a annoncé mercredi son retrait de la course. Il n'a obtenu que 305 promesses de soutien.

L'annonce du FN lève une hypothèque de poids sur la campagne: M. Le Pen, qui avait créé la surprise en 2002 en atteignant le second tour, est en effet crédité de près de 13 % d'intentions de vote dans les derniers sondages, en quatrième position derrière Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et François Bayrou.

Attaques contre Bayrou

Pour l'heure, 59 % des Français estiment que le ministre de l'intérieur remportera la présidentielle, selon un sondage à paraître jeudi dans «Paris Match». Mais la droite comme la gauche cherchent les moyens de contrer l'émergence du centriste François Bayrou.

L'ex-premier ministre socialiste Laurent Fabius a ainsi dénoncé le «passé de droite» et les «propositions de droite» de M. Bayrou. Reconnaissant une «divergence tactique» au sein du PS, l'ancien ministre de l'économie Dominique Strauss-Kahn a, lui, écarté toute alliance en bonne et due forme avec M. Bayrou mais lui a laissé la porte ouverte si sa «rupture» avec la droite «est sincère».

A droite, c'est le ministre du budget Jean-François Copé qui est monté au créneau mercredi, dénonçant «l'ambiguïté invraisemblable» du candidat centriste qui défend «des idées de droite» tout en n'étant «pas contre avoir un premier ministre socialiste». (ats)

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