Pakistan: Le père de la bombe atomique va où il veut
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PakistanLe père de la bombe atomique va où il veut

Le père de la bombe atomique pakistanaise, Abdul Qadeer Khan, qui vit en résidence surveillée, a assuré mardi que le gouvernement avait levé toute restriction à ses mouvements.

En février, un tribunal avait ordonné de lui rendre sa liberté mais la police et l'armée continuaient de le surveiller.

En fin de semaine dernière, après une plainte du docteur Khan, la Haute Cour de Justice de Lahore avait intimé l'ordre aux autorités d'expliquer pourquoi elles lui imposaient toujours des restrictions. Une nouvelle audience était fixée à vendredi.

Mardi, des médias pakistanais rapportaient que ces restrictions avaient finalement été levées. «Par la grâce d'Allah, c'est vrai», a simplement confirmé à l'AFP celui que tout le monde surnomme «A.Q.» Khan.

L'avocat du Dr Khan, Syed Ali Zafar, a également confirmé cette information. «Si cette situation perdure le 4 septembre (pour l'audience prévue à Lahore, ndlr), cela voudra dire que notre prière a été entendue», a-t-il déclaré, assurant qu'alors, il n'y aura plus lieu de maintenir la plainte de son client.

Protégé des services secrets étrangers

Le gouvernement avait plaidé qu'il s'agissait de protéger le Dr Khan d'éventuels enlèvements, notamment de services secrets étrangers ou de militants islamistes, ce que l'intéressé reconnaît.

Dans une théâtrale confession publique télévisée en février 2004, il avait avoué, au terme de plusieurs années d'accusations par les gouvernements occidentaux, avoir dirigé un réseau qui avait vendu dans les années 1990 des secrets et de la technologie nucléaire militaire à l'Iran, la Corée du Nord et la Libye.

Depuis, les Etats-Unis ont toujours réclamé de pouvoir l'interroger, tout comme des services de renseignements d'autres pays, en vain, Islamabad le maintenant reclus dans sa somptueuse villa dans la capitale.

Des Suisses impliqués

Plusieurs gouvernements soupçonnent que son réseau ne pouvait fonctionner sans l'aval ou la complicité de l'armée du Pakistan, qui a la haute main sur le pouvoir, voire certains membres de gouvernements civils.

Le nom de Khan est aussi connu en Suisse. La famille Tinner (le père et ses deux fils), accusée d'être impliquée dans un trafic de matériel nucléaire, aurait été en contact avec le «père» de la bombe nucléaire pakistanaise entre 2001 et 2003. (ats)

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