France: Le père du médecin alcoolo prend sa défense
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FranceLe père du médecin alcoolo prend sa défense

Après la mort d'une maman en couches, suite à un problème d'anesthésie, le médecin impliqué a reconnu avoir un problème d'alcool. Son père a donné sa version des faits.

Le père de l'anesthésiste belge de la maternité d'Orthez (sud-ouest de la France) a jugé jeudi «possible» que sa fille se soit présentée ivre aux gendarmes, tout en soulignant que rien ne prouvait qu'elle l'ait été pendant la césarienne devenue fatale à une patiente.

«C'est une possibilité», a admis le père de l'anesthésiste belge, interrogé par l'AFP sur la question de savoir si sa fille avait pu se présenter ivre aux gendarmes qui l'avaient convoquée dans le cadre de l'enquête.

«C'était le matin très tôt, alors que ma fille marinait dans son stress à Orthez, où elle était seule» à devoir affronter depuis plusieurs jours «la publicité» autour de l'affaire, «ce qui a eu comme résultat qu'elle a décompensé», a-t-il expliqué, joint par téléphone depuis Bruxelles. Il a toutefois refusé de dire si sa fille avait un problème d'alcool régulier.

«Cela ne regarde personne, la vie privée de ma fille (...). Ce qui compte et ce qui intéresse tout le monde, c'est de savoir si le jour de la narcose (anesthésie), elle avait un bilan sanguin normal ou pas normal», a-t-il ajouté depuis Orthez.

«Et personne n'a le droit de faire le lien entre la constatation du mardi matin au bureau de la gendarmerie, où l'alcoolémie a été constatée au milligramme près par un test d'insufflation dans le ballon - ce qui est déjà en soi impossible -, et le jour de la narcose», a-t-il ajouté.

Mise en examen

La médecin de 45 ans a été mise en examen jeudi pour «homicide involontaire aggravé par la violation manifeste et délibérée d'une obligation de prudence et de sécurité», et placée en détention provisoire. Elle avait indiqué aux enquêteurs avoir «un problème d'alcool pathologique».

Le père de l'anesthésiste se dit «soutenu par les affirmations» du chirurgien présent au bloc de la maternité d'Orthez lors de la césarienne dans la nuit de vendredi à samedi, durant laquelle la patiente avait eu un arrêt cardiaque. Selon lui, ce chirurgien «conteste» les déclarations du procureur de Pau selon lesquelles l'anesthésiste n'était «pas dans son état normal au moment de l'intervention».

Plongée dans le coma, la patiente était décédée mardi soir, mais son bébé est sain et sauf.

Père gynécologue

«Je suis gynécologue, ma fille est anesthésiste, on a travaillé de longues années ensemble dans le même hôpital», a indiqué le père à l'AFP. «On a fait ensemble des missions humanitaires en Afrique, il n'y a jamais eu de problème d'anesthésie et ça c'est formel, j'étais chef de service dans cet hôpital, alors je sais de quoi je parle», a-t-il assuré.

«Il y a plein de problématiques possibles au cours d'une narcose pour césarienne. Un des accidents qui pend au nez de tout gynécologue qui pratique une césarienne, c'est l'embolie amniotique», a-t-il fait observer. «Mais pour ça, il faut les résultats de l'examen anatomo-pathologique de l'autopsie pratiquée hier (mercredi, ndlr) et ils ne peuvent pas encore être connus à ce stade», a-t-il estimé. (afp)

Diverses erreurs

Selon le procureur, l'enquête a révélé que les produits utilisés pour l'anesthésie étaient «non conformes aux produits habituellement utilisés». En outre, le médecin «n'était pas dans son état normal pendant l'intervention».

L'équipe médicale présente ce soir-là «a constaté un comportement bizarre, sans savoir à quoi il se rattachait», a indiqué le procureur, citant «des difficultés d'expression, de compréhension et des problèmes de réactivité».

Une source proche de l'enquête a par ailleurs évoqué une «erreur médicale manifeste»: l'anesthésiste aurait intubé l'oesophage de la patiente au lieu de ses voies respiratoires pour tenter de la ranimer.

L'une des avocates du médecin, Me Florence Hegoburu, a mis en garde contre toute «conclusion hâtive». «Ma cliente assumera ses responsabilités par rapport aux faits qu'elle a reconnus, mais elle n'est pas seule responsable», a-t-elle ajouté, évoquant «des zones d'ombre» qu'il reviendra aux enquêteurs de dissiper.

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