Justice fribourgeoise – Le père incestueux écope de la peine maximale de 15 ans de prison

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Justice fribourgeoiseLe père incestueux écope de la peine maximale de 15 ans de prison

Jugé pour avoir abusé de sa fille dès ses premiers jours de vie, l’homme a été reconnu coupable de viol et d’inceste, notamment, mais libéré des chefs d’accusation à l’égard de son épouse.

par
Pauline Rumpf/fnt
L’accusé était en détention préventive à la prison centrale de Fribourg depuis 2019.

L’accusé était en détention préventive à la prison centrale de Fribourg depuis 2019.

20min/Sébastien Anex

Des faits «répugnants, insoutenables, qu’on préfèrerait ne pas répéter». Qui ont commencé «alors qu’elle portait encore les restes de son cordon ombilical». Une fréquence qui fait froid dans le dos: 561 extraits vidéos retrouvés sur des disques durs, soit une moyenne de 80 actes par an, sans compter ceux qui n’ont pas été documentés. Les raisons n’ont pas manqué dans les explications du président de la Cour du Tribunal pénal de la Broye, Jean-Benoît Meuwly, pour expliquer la décision des juges de condamner Y.M à la peine maximale de 15 ans de prison pour viol, inceste, pornographie ou encore actes d’ordre sexuel avec des enfants, entre autres. Tous les chefs d’accusation pour des faits commis sur sa fille ont été retenus.

«Qu’avez-vous fait de votre fille?» a demandé le Président à un prévenu prostré, lâchant quelques sanglots au moment de rappeler la gravité des conséquences possibles sur son avenir. «Pourtant, vous ne lui avez jamais demandé pardon. Vous avez même rejeté la faute sur elle alors que, dès ses quatre ans, elle avait appris à vous proposer ses services avec toute la candeur de l’enfance.»

Aucune collaboration durant l’enquête

Âgé de 52 ans, Y.M. était jugé pour avoir fait subir des actes sexuels dont des viols à son enfant 12 jours après sa naissance et jusqu’à l’âge de 7 ans. Avec les années, il lui a également fait jouer des scénarios pornographiques, parfois avec des accessoires, et lui a même imposé des actes zoophiles avec le chien de la famille. Durant toutes ces années, ce Suisse a filmé et photographié ces scènes criminelles sur sa fillette puis a archivé méticuleusement ces centaines de documents visuels sur des supports digitaux très bien protégés. Il est d’ailleurs allé jusqu’au Tribunal fédéral pour tenter de s’opposer au décryptage des disques durs, et jusqu’au Tribunal cantonal face à des co-détenus qui l’avaient traité de pédophile.

Le Ministère public et les parties civiles avaient requis la peine maximale de 15 ans de prison. Ils ont été suivis par la Cour qui n’a pas remis en question la responsabilité de l’accusé. Par contre, les chefs d’accusations de viol et de contrainte sexuelle de Y.M. sur sa femme ont été rejetés par manque de preuves et de clarté des faits. Cette dernière souffrait en effet d’un trouble de la personnalité dépendante, rendant floues les limites ressenties et formulées. Elle touchera cependant 20’000 fr. de réparation pour tort moral; sa fille, elle, se verra verser 150’000 fr. pour le même motif.

Soupçon de maltraitance ou d’abus sur un enfant?

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