Philippines: Le «permis de tuer» les dealers est maintenu
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PhilippinesLe «permis de tuer» les dealers est maintenu

Le président philippin, qui mène une campagne sanglante contre la drogue, entend maintenir son ordre aux forces de l'ordre de «tirer pour tuer» les trafiquants, assurant n'en avoir «rien à faire des droits de l'homme».

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05.08 Le président philippin, qui mène une campagne sanglante contre la drogue, entend maintenir son ordre aux forces de l'ordre de «tirer pour tuer» les trafiquants, assurant n'en avoir «rien à faire des droits de l'Homme». Ici l'image d'une femme dont le mari, trafiquant présumé, a été tué.

05.08 Le président philippin, qui mène une campagne sanglante contre la drogue, entend maintenir son ordre aux forces de l'ordre de «tirer pour tuer» les trafiquants, assurant n'en avoir «rien à faire des droits de l'Homme». Ici l'image d'une femme dont le mari, trafiquant présumé, a été tué.

AFP/Noel Celis
Le terrain de basketball de la prison sert de dortoir aux quelque 4000 détenus.

Le terrain de basketball de la prison sert de dortoir aux quelque 4000 détenus.

AFP/Noel Celis
On s'entasse même sur les marches des escaliers pour dormir, dans une chaleur infernale.

On s'entasse même sur les marches des escaliers pour dormir, dans une chaleur infernale.

AFP/Noel Celis

Selon les médias locaux, environ 800 personnes ont été tuées dans l'archipel depuis l'élection, en mai, de Rodrigo Duterte qui avait alors promis d'éliminer des dizaines de milliers de criminels et d'éradiquer le trafic de drogue. Il avait donné carte blanche aux forces de sécurité pour «tirer afin de tuer». «Cette campagne tirer pour tuer restera en vigueur jusqu'au dernier jour de mon mandat si je suis toujours en vie d'ici là», a déclaré le chef d'Etat de 71 ans, élu en mai pour six ans, au cours d'une conférence à Davao (sud).

«Croyez-moi, je n'en ai rien à faire des droits de l'homme», a-t-il prévenu, selon des transcriptions officielles du palais présidentiel, diffusées samedi. Le président a également affirmé que les responsables politiques usant de leur position pour se livrer au trafic étaient les premiers sur sa liste. Et il a promis aux policiers et soldats une «garantie officielle et personnelle» d'immunité contre les poursuites en cas de meurtres commis dans l'exercice de leurs fonctions.

Préoccupation internationale

Selon des chiffres communiqués par la police cette semaine, 402 personnes soupçonnées de trafic de drogue ont été tuées depuis l'investiture de M. Duterte en juin dernier. Ce bilan n'inclut toutefois pas les meurtres commis par des civils, dont certains, d'après les médias locaux, se sont improvisés miliciens. Mercredi, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) a lui aussi condamné, comme plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, l'explosion de meurtres aux Philippines.

L'ONUDC est «très préoccupé par les exécutions extrajudiciaires de trafiquants et consommateurs présumés de drogue aux Philippines», a déclaré son directeur Iouri Fedotov, qui a «condamné l'apparent soutien aux exécutions extrajudiciaires, qui sont illégales et violent les droits fondamentaux de l'homme». Déterminé à poursuivre par tous les moyens sa campagne contre la drogue, M. Duterte a balayé les critiques des organisations internationales: «Ces ONG qui se plaignent aux Nations Unies, ce n'est pas leur affaire», a-t-il dit, affirmant que «les Philippins réclament justice». Selon la police, plus de 500'000 personnes, consommateurs ou trafiquants, se sont rendues aux autorités locales ces dernières semaines. (20 minutes/afp)

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