26.10.2020 à 12:53

SuisseLe personnel de santé crie son mécontentement

Des actions de protestation ont lieu cette semaine dans toute la Suisse pour dénoncer les conditions de travail précaires des personnels de santé face au coronavirus. Neuchâtel a donné le coup d’envoi ce matin.

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Des représentants des syndicats Syna, SSP et ASI manifestent en portant un masque de protection facial lors du lancement de la semaine de protestation «Maintenant plus que jamais!» ce lundi 26 octobre 2020 devant l'Hôpital Pourtalès à Neuchâtel. 

Des représentants des syndicats Syna, SSP et ASI manifestent en portant un masque de protection facial lors du lancement de la semaine de protestation «Maintenant plus que jamais!» ce lundi 26 octobre 2020 devant l'Hôpital Pourtalès à Neuchâtel.

KEYSTONE
«Maintenant plus que jamais!» vise à améliorer les conditions de travail du personnel de la santé lors de la 2e vague de la pandémie de Covid-19.

«Maintenant plus que jamais!» vise à améliorer les conditions de travail du personnel de la santé lors de la 2e vague de la pandémie de Covid-19.

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Trois revendications centrales rythmeront donc cette semaine de protestation…

Trois revendications centrales rythmeront donc cette semaine de protestation…

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En ce début d’hiver, «maladies et épuisement des personnels sont signalés un peu partout dans les institutions de santé», communique l’alliance «Ensemble avec les personnels de santé» alors que cette semaine de protestation démarre lundi à Neuchâtel. Il faut donc «que les dispositions légales relatives à la durée du travail maximale et aux temps de repos ne soient pas à nouveau suspendues.»

Et l’alliance de dénoncer «le manque de reconnaissance» vis-à-vis de ceux qui sont au front contre la pandémie. Les applaudissements et la bienveillance ne suffisent pas: autorités et employeurs doivent accorder une protection maximale aux personnels plutôt que de supprimer leurs droits, comme durant la première vague, alors qu’ils étaient confrontés à une pénurie de matériel de protection.

Trois revendications centrales rythmeront cette semaine de protestation: une prime de risques Covid-19 sous la forme d’un salaire mensuel en plus pour les personnels de santé, davantage de droits sur le lieu de travail – droit de participation plus étendu et meilleure protection – ainsi que de meilleures conditions de travail, dans le respect de la loi et contre un minutage des soins.

Protestation à Neuchâtel

C’est Neuchâtel qui a donné le coup d’envoi de la semaine de protestation, avec une action devant l’Hôpital Pourtalès lundi entre 10h30 et 12h00. Selon un photographe de Keystone-ATS sur place, seules 25 personnes étaient présentes, soit 10 employés et 15 syndicalistes, tous avec des masques de protection. Le personnel n’a pas eu le droit de sortir pour manifester, selon ces derniers.

C’est que l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes dans les domaines public et privé a été décrétée dans le canton le même jour, écrit la section neuchâteloise du SSP. Les syndicats ont décidé de maintenir quand même la rencontre devant l’hôpital, dans le respect des gestes barrières, avec un stand pour faire savoir à l’intérieur des murs que les revendications sont encore d’actualité.

Première avancée modeste également dans ce canton: une partie du personnel vient de se voir octroyer «une prime» sous forme d’un crédit de quelques centaines de francs valable à la cafétéria de l’hôpital, informe la section neuchâteloise du SSP dans son communiqué. A noter toutefois que tous les sites n’y ont pas accès.

Une vague de colère

D’autres actions semblables auront lieu, «dans le strict respect des mesures de protection», mardi à Genève, Bâle et Lucerne, mercredi à Lausanne, Frauenfeld et Aarau, jeudi à Fribourg, Zurich, St-Gall ainsi qu’en Suisse centrale et samedi à Berne sur la Place fédérale. Parmi ces manifestations, bon nombre de marches et cortèges au centre-ville, passant devant des lieux de pouvoir.

L’événement bernois, qualifié de journée d’action nationale sous la bannière «Maintenant plus que jamais!", a déjà atteint un nombre limite de participants inscrits selon un concept de protection approuvé par les autorités, fait savoir l’alliance sur son site.

Des pressions multiples

L’alliance a été fondée fin août par le Syndicat des services publics (SSP), l’association suisse des infirmiers et infirmières (ASI) et le syndicat interprofessionnel Syna. Depuis, une douzaine d’associations du milieu et d’autres syndicats – dont l’Union syndicale suisse (USS), Unia et Travail suisse – l’ont rejointe.

Dans cette crise, les personnels de santé sont exposés à une forte pression physique et psychique ainsi qu’à un danger très élevé, résume l’alliance. Ils sont confrontés à un virus aux conséquences incertaines, à des plannings changeant chaque jour, des semaines interminables, des heures supplémentaires sans limite, un matériel de protection insuffisant et à l’angoisse de contaminer les proches.

(ATS/NXP)

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282 commentaires
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chrisjac

27.10.2020 à 17:18

En Valais, M. Fauchère - député UDC - disait que le personnel soignant ne faisait que son travail et n'avait droit à rien de plus. Dans le même temps, le personnel des HEVs recevait des primes pour avoir travaillé un peu plus. Des notables communaux s'augmentent leurs salaires car ils s'estiment pas assez payés; etc. etc. Il y en a qui ont perdu le sens des valeurs, des risques ou d'une haute valeur de leurs personnes. Il convient que la grille détaillée, de tous les politiciens et employés qui sont payés avec les deniers du contribuable, soit acceptée directement par votation populaire. En ce qui concerne les politiciens, il y a vraiment un conflit d'intérêt; pour les autres, il y a trop de pression sur le politicien pour qu'il ne soit pas influencé. A méditer

Bravo bravo

27.10.2020 à 17:09

Ils ont 100% raison. Ils sont indispensables, travaillent d’arrache-pied et on se fout de leur g.....!

le peien

27.10.2020 à 17:04

on se croirait en France.... Normal, il y a plein de frontaliers... Mais ils méritent notre respect, et si leurs employeurs pouvaient en avoir un peu aussi, ce serait bien.