Le personnel des HUG en a marre des amendes dans son parking

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GenèveLe personnel des HUG en a marre de «payer pour aller bosser»

Les employés de l’hôpital qui se déplacent en deux-roues dénoncent le manque de place et l’abondance de bûches reçues dans le parking qui leur est réservé. Ils ont déposé une pétition pour l’agrandir et mettre le holà sur les amendes.

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Avenir Syndical a déposé une pétition jeudi pour agrandir un parking dédié aux employés, et faire cesser les amendes.

Avenir Syndical a déposé une pétition jeudi pour agrandir un parking dédié aux employés, et faire cesser les amendes.

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«Pas de bûches pour bosser!» La pétition lancée par Avenir Syndical a récolté 700 signatures.

«Pas de bûches pour bosser!» La pétition lancée par Avenir Syndical a récolté 700 signatures.

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Les deux-roues s’entassent.

Les deux-roues s’entassent.

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Trop de monde, pas assez de places. Le personnel des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) s’insurge contre la taille d’un parking deux-roues qui leur est dédié. Il est trop petit, et surtout, quand les véhicules dépassent des cases, les amendes pleuvent. Des bûches allant de 40 à 60 francs, que certains collaborateurs «ramassent plusieurs fois par mois». Avenir Syndical, accompagné d’employés, a déposé jeudi une pétition à la direction. Dotée de 700 signatures, elle demande plus de places, et un holà sur les amendes d’ici à ce que l’infrastructure s’agrandisse. «Une bûche alors qu’on vient simplement travailler, ça n’est pas possible», clament les pétitionnaires.

Le parking qui cristallise les tensions se nomme «Opéra». Situé au boulevard de la Cluse, il est sous-terrain et réservé aux vélos, motos et scooters des employés des HUG. Une rapide visite montre clairement qu’il déborde. Les scooters les plus fins se glissent entre deux cases, les autres dépassent, tout simplement. «Pendant des années le parking hors-case était toléré, fulmine un employé. On ne se garerait jamais devant un extincteur ou une porte coupe-feu.» Ce ne serait pas tout à fait exact: des amendes auraient en effet été infligées aux récidivistes, après avoir observé plusieurs véhicules bouchant des accès, ou garés sur des places réservées aux personnes à mobilité réduite. 

Horaire de nuit et amende: la double peine

Les soignants dénoncent surtout une injustice liée à leurs emplois du temps irréguliers. «Avec des horaires de bureau, ça serait différent, souligne le syndicaliste. Mais là, les soignants qui font des heures de nuit ont moins le choix des transports publics.» Idem pour ceux qui viennent de loin. Par ailleurs, plus les soignants démarrent leur journée tard, moins ils ont de place. «Ceux qui travaillent le soir arrivent en milieu de matinée ou de journée et n’ont jamais de cases»,  informe un employé. Croisée dans le fameux parking, une soignante confirme: «Je viens travailler avec une heure et demie d’avance, maintenant.»

Les applaudissements puis la bûche

La situation en démoralise certains. «Un collègue n’en pouvait tellement plus de tourner dans le quartier qu’un jour il a craqué, il est rentré chez lui», confie un collaborateur, soucieux. «On nous a applaudis pendant le Covid, maintenant on nous colle des bûches», ironise un autre.

Dans le grand vestiaire, «où des milliers de collègues passent», certains posent des affichettes pour témoigner de leur ressenti ou de leur ras-le-bol. «Impossible que la direction ignore le problème», assure un employé. Avec sa pétition, Avenir Syndical espère ouvrir le dialogue et aboutir à un compromis. 

Nouvelles places prévues

Les HUG ont déjà prévu d’augmenter le nombre de places pour deux-roues. «Une nouvelle offre de stationnement couvert pour deux-roues motorisés sera prochainement mise en place, indique Nicolas de Saussure, porte-parole. Les conditions de parcage seront améliorées et contribueront davantage au désencombrement des trottoirs voulu par l’Etat.»

Les HUG rappellent qu’une information a été effectuée sur l’existence de 90 places disponibles au parking Lombard, «attenant à l’entrée des HUG et distant de 300 mètres de celui du personnel», indique Nicolas de Saussure, porte-parole. L’abonnement d’un mois pour les deux-roues y coûte 44 francs. Cet encouragement à également occuper le parking public est survenu dans le contexte d’une «sensibilisation des usagers» du stationnement réservé au personnel, qui a eu lieu pendant six mois. Une «cravate» a été placée sur les guidons de deux-roues, notamment ceux qui bloquaient entrées et sorties, passages de sécurité et accès pour personnes à mobilité réduite.

«Au terme de cette période de sensibilisation, les rares usagers qui contreviennent aux évidentes règles de sécurité et les récidivistes reçoivent un avis de plainte, pour lequel ils disposent d’un délai pour faire opposition avec les justifications nécessaires», explique Nicolas de Saussure. Une fois le délai passé et sans justification, le service cantonal des contraventions envoie une amende.

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