La Providence: Le personnel reçoit un large soutien syndical
Actualisé

La ProvidenceLe personnel reçoit un large soutien syndical

Les organisations faîtières des syndicats, USS et Travail.Suisse, ont affirmé mardi à Berne leur solidarité avec le personnel neuchâtelois de La Providence et leur soutien aux grévistes.

Ces derniers luttent pour que le groupe de cliniques privées Genolier respecte la CCT. «Leur combat est exemplaire», a dit devant la presse le président de l'Union syndicale suisse (USS) Paul Rechsteiner. Pour lui, il n'est pas question de tolérer «cette sous-enchère salariale couverte et subventionnée par l'État ainsi que la pénurie de personnel qui va s'aggravant».

Les organisations faîtières syndicales appellent le Conseil d'Etat neuchâtelois à appliquer le droit en vigueur: qui veut figurer sur la liste des hôpitaux et recevoir des subventions supplémentaires doit respecter la CCT de branche. «Toute autre attitude revient à mettre en jeu la paix sociale».

«Une affaire à dimension nationale»

Pour le président de Travail.Suisse Martin Flügel, les événements en cours à l'hôpital de La Providence, et en particulier l'attitude du Conseil d'Etat, ont, en plus, des effets catastrophiques sur la problématique du manque de personnel pour le système de santé. Ce problème fait du «cas Providence» une affaire à dimension nationale.

A son avis, le plus grand défi pour le système de santé suisse est la maîtrise de la pénurie de personnel. Selon différentes études, le besoin en personnel de santé augmentera d'ici 2030 d'environ 50'000 personnes. En outre, 50% du personnel actuel dans le domaine de la santé sera à la retraite d'ici 2030. Ce qui veut dire qu'il faudra recruter d'ici 2030 pas loin de 150'000 personnes, soit un besoin annuel de 10'000 personnes.

Motiver les jeunes

«Si l'on veut que des jeunes gens se décident pour une profession de la santé et que le personnel ainsi formé exerce sa profession plus longtemps, il est indispensable d'avoir de bonnes conditions de travail dans toute la branche, a-t-il martelé.

Secrétaire général du Syndicat des services publics (ssp) Stefan Giger n'y est pas allé avec le dos de la cuillère: «Genolier achète l'hôpital, est-ce qu'il peut aussi acheter la loi?», a-t-il dit.

Ce dernier a rappelé que le 5 décembre dernier, le Grand Conseil a largement approuvé une motion populaire urgente demandant au gouvernement d'user de tous les moyens à sa disposition pour inciter La Providence à maintenir la CCT.

Multiples actions

Depuis plusieurs semaines les syndicats ssp et Syna mènent un combat de tous les jours en faveur du personnel de l'hôpital appartenant à une fondation privée. Pour mardi soir, ils ont organisé une marche aux flambeaux de soutien.

Pour mercredi, ils convoquent une conférence de presse dans laquelle ils vont expliciter leur position face aux deux plaintes déposées contre eux par La Providence: l'une au civil concernant l'éventuelle illégalité de la grève, l'autre au pénal pour violation de domicile à cause de la tente plantée devant l'établissement. (ats)

Ton opinion