Actualisé 21.09.2018 à 05:59

Vaud

«Le pervers sexuel a gagné sur tous les plans»

Deux des huit jeunes qui ont subi les abus sexuels et une maman de victime expriment leur colère. Leur avocat, lui, émet des doutes sur l'expertise psy.

de
Abdoulaye Penda Ndiaye
Un jeune plaignant a crié son indignation après le verdict clément dont a bénéficié un jeune pervers sexuel.

Un jeune plaignant a crié son indignation après le verdict clément dont a bénéficié un jeune pervers sexuel.

apn

«J'étais mal. Je viens de recevoir le coup de grâce après ce verdict qui doit renforcer le sentiment de puissance et d'invulnérabilité de ce pervers. J'ai perdu confiance en la justice. Lui, il peut continuer sa formation. Mais les jeunes abusés qui n'arrivent plus à aller aux cours, qui s'occupe d'eux? Moi, je me retrouvais dans la même salle de cours que lui. J'ai préféré abandonner. Il a gagné sur tous les plans. Ce laxisme envers les pédophiles et les violeurs est incompréhensible!»

Un jeune qui a subi l'horreur a accepté de parler de sa colère et de son incompréhension après le verdict clément qui a mis fin au volet judiciaire de cette sordide affaire. Un autre jeune se dit «anéanti». Sa maman aussi. «Les enfants sont démolis. Le pervers manipulateur, lui, est au travail. C'est à vomir», s'emporte-t-elle.

Absence de pronostic défavorable

Mais pour l'avocat du prévenu, la sentence qui octroie à son client un sursis complet est juste. «Ce n'est pas le nombre d'infractions mais l'absence de pronostic défavorable qui détermine le sursis», a expliqué Me Mathias Keller. La partie adverse n'a pas la même interprétation. «Au regard des nombreux faits graves retenus, la peine est trop clémente», a réagi Me Nicolas Mattenberger.

«En cours d'audience, il est ressorti que l'expert n'avait pas visionné les photographies des victimes prises par l'auteur des faits et qu'il n'a pas pris connaissance de l'entier du dossier pénal, malgré le fait qu'un complément d'expertise avait été ordonné à ma demande au cours de la procédure d'instruction», a regretté l'avocat des victimes.

Un jeune énumère d'autres manquements: «L'expert s'est fait manipuler. Il avait en face de lui un pervers hyperintelligent qui lui a fait croire qu'il n'y avait que deux victimes. Il l'a cru sur parole.»

En résumé

Le pédophile, un Suisse de 24 ans, a bénéficié du sursis dans une affaire d'actes sexuels avec des enfants. Il a admis les faits. Il y a eu menaces, contrainte, actes d'ordre sexuel avec des enfants, contrainte sexuelle et bien d'autres délits. Au moins huit garçons d'une dizaine d'années ont subi attouchements, fellations et sodomies entre 2008 et 2012.

En tout et pour tout, le prévenu a passé 13 jours de prison préventive. Le prévenu s'en est tiré avec du sursis et une amende de 100 fr., l'essentiel des actes ayant été commis quand il était mineur.

Pour son avocat, la sentence qui octroie un sursis complet est juste. «Ce n'est pas le nombre d'infractions mais l'absence de pronostic défavorable qui détermine le sursis», a expliqué Me Mathias Keller.

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!