France: Le «Petit Journal» de Canal+ divise
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FranceLe «Petit Journal» de Canal+ divise

Prise en exemple ou accusée de «maltraiter lactualité internationale», l'émission fait parler d'elle.

par
che/nxp
Martin Weil, 28 ans, envoyé Spécial cher au Petit Journal de Canal+.

Martin Weil, 28 ans, envoyé Spécial cher au Petit Journal de Canal+.

photo: Kein Anbieter/Canal +

Souvent encensé, «Le Petit Journal» de Canal+ fait aujourd'hui débat, notent Les Inrocks. En cause, la séquence internationale de Martin Weill, 28 ans, qui a conquis téléspectateurs et internautes francophones avec ses reportages aux quatre coins du monde.

Ce dernier offre «un sacré coup de jeune au grand reportage télé, il réussit le tour de force dintéresser les jeunes à lactualité internationale» affirmait Le Nouvel Observateur dans son (très) élogieux portrait du jeune journaliste il y a deux semaines. «Il imprime à chacun de ses reportages un ton, mélange de distance et démotion, et un style bien à lui. Une véritable marque de fabrique, qui a fichu un sacré coup de vieux aux JT» selon l'hebdomadaire français.

Le site d'Acrimed(Action critique médias) - et avant lui celui de Libération- publie une longue mise en garde: entre deux séquences humoristiques, les reportages du «Petit Journal» «maltraitent l'actualité internationale».

Des «reportages simplistes, des clichés»

Au-delà d'un mélange des genres qui passe parfois mal (même les séquences les plus graves étant prises en sandwich entre deux anecdotes humoristiques de Yann Barthès), le micro-trottoir ne suffit par à réaliser un reportage, estime Acrimed. Des vignettes qui «manquent cruellement de nuances et versent souvent dans la simplicité, sinon les clichés».

«On peut difficilement prétendre [donner la parole «à la jeunesse cubaine», «à la jeunesse iranienne», «aux Kurdes de Syrie», «aux migrants»] dans un reportage de quelques minutes tourné en quelques jours par des journalistes ne connaissant pas, ou très peu, le pays», note le site d'analyse, qui regrette que les correspondants permanents se fassent si rares.

Omniprésent

Même son de cloche chez Libération, qui lance au sujet de Martin Weil et ses acolytes: «ils sont beaux, blancs, sympas, et tellement classes. Et jeunes, si jeunes. Des clones, tous dotés de la grâce de lubiquité. Dun jet à lautre, ils glissent sur la surface de la Terre. Surtout ne senraciner nulle part, des ailes, oui, mais surtout pas de racines, où lon se prend les pieds. (...) Avec Barthès et ses globe-trotters, place aux putschs pleins de rebondissements, aux drames enthousiastes, aux carnages sans prise de tête. Dailleurs, quand le Petit Journal interviewe trois passants, ne croyons pas quil sagisse dun vieux micro-trottoir ringard, comme au JT. Non. Cest une rencontre de potes, sympa, dans laquelle le reporter se montre à limage, notez la différence».

Finalement, «le véritable 'héros' de ces reportages est Martin Weill lui-même», qui apparaît à limage, en moyenne, environ 75% du temps; mais «quelle est la valeur ajoutée, du point de vue de linformation, de cette omniprésence? Aucune», tranche Acrimed.

En moyenne, le Petit Journal a été suivi par 508'000 téléspectateurs en 2015, soit une part de marché de 3,4% pour Canal+ qui lui permet notamment de devancer France 5 et D8, selon le site spécialisé Toute La Télé.

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