Macédoine: Le peuple aux urnes pour le second tour de l'élection présidentielle

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MacédoineLe peuple aux urnes pour le second tour de l'élection présidentielle

Le second tour de l'élection présidentielle macédonienne a lieu ce dimanche.

Il oppose Gjorge Ivanov, candidat du parti conservateur VMRO-DPMNe au pouvoir, au social-démocrate et opposant Ljubomir Frckovski.

Lors du premier tour il y a deux semaines, M. Ivanov, âgé de 49 ans, était arrivé nettement en tête, avec un peu plus d'un tiers des suffrages. Les sondages lui donnent une nette avance sur M. Frckovski, leader du parti social-démocrate SDSM, qui avait obtenu un peu moins de 20%.

Si les conservateurs remportent la présidentielle, ils contrôleront à la fois la présidence et le parlement où ils sont largement majoritaires.

Rôle protocolaire

Le taux de participation doit atteindre 40% des inscrits pour que le scrutin puisse être validé, faute de quoi l'élection présidentielle devra être organisée de nouveau, avec un premier et un deuxième tour. Le taux de participation pour le premier tour avait été de 56,88%.

L'incertitude demeure au sujet de la participation des Albanais de Macédoine, qui représentent environ 25% de l'électorat.

Le président, qui désigne par décret le directeur de la banque centrale, dispose surtout d'un rôle protocolaire, la politique étant conduite par le gouvernement. Si le Premier ministre a plus de pouvoir que le chef de l'Etat, le président a toutefois la possibilité d'influer sur la politique étrangère du pays.

Premier tour sans incident

Le premier tour s'est déroulé sans incident majeur, marquant une nette amélioration par rapport aux législatives perturbées par des violences qui avaient fait un tué et neuf blessés en juin 2008. Les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont salué son bon déroulement.

Si ce second tour est aussi calme et honnête que le premier, il permettra sans doute à la Macédoine d'obtenir un bon point en vue de son adhésion à l'Union européenne, mais aussi à l'OTAN. Le pays a fait acte de candidature à l'UE en 2005 mais n'a pas progressé sur cette voie depuis lors.

Pays le plus pauvre des six anciennes républiques yougoslaves, la Macédoine connaît un taux de chômage de 35% et une inflation estimée à 8,7% en 2008.

Souhait lancé par Ivanov

Les prévisions du gouvernement tablent sur une croissance du PIB de 5,5 % en 2009, mais le Fonds monétaire international (FMI) a lui tempéré cet optimisme en raison de la crise économique mondiale. La Macédoine pourrait entrer en récession et être contrainte de faire appel à l'aide internationale.

Lors de la campagne, Gjorge Ivanov a lui promis de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement et d'oeuvrer à un rapprochement de son pays avec l'UE et avec l'OTAN. Les discussions en vue de l'accession à l'une comme à l'autre restent gênées par un contentieux avec la Grèce voisine.

Les Grecs, qui ont fait obstacle à la candidature macédonienne d'entrée dans l'OTAN, sont notamment opposés à l'emploi du nom de Macédoine qui désigne, selon eux, une province grecque.

(ats)

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