Actualisé 21.05.2017 à 18:21

GenèveLe peuple répète son refus du billet de bus plus cher

La hausse de 20 centimes du ticket de TPG a été écartée hier. L'Etat va raboter les prestations.

de
Jérôme Faas
Un billet valable une heure coûtera toujours 3 francs.

Un billet valable une heure coûtera toujours 3 francs.

Keystone

Non, c'est non. Pour la troisième fois depuis 2013, les Genevois ont refusé que les tarifs des transports publics augmentent. Par 53,5% des voix, ils ont conservé le billet à 3 francs. «Ça prouve qu'il ne faut pas les prendre pour des imbéciles. Ils n'ont pas plié», saluait le député MCG François Baertschi. Et de prédire: «Il n'y aura pas de baisse de l'offre.»

Mais à 15 h, le couperet tombait. «On a été très clair en disant que les conséquences ne se feraient pas attendre, lâchait le conseiller d'Etat PDC Luc Barthassat. Dès juillet, de 9 h à 16 h, un tram 12 sur deux s'arrêtera aux Augustins» sans rallier Carouge. D'autres mesures suivront pour compenser «ce manque à gagner de 6 à 7 millions par an». Le président PLR du Conseil d'Etat François Longchamp s'agaçait, lui, d'un vote «extravagant: on doit être la seule ville à des kilomètres à réduire les transports publics!»

Tout le débat est là. Si le PLR disait «tant pis», le chef du PDC Bertrand Buchs, alarmé, voulait ériger l'augmentation de l'offre en priorité budgétaire. «D'autres solutions qu'une baisse des prestations existent», jurait la patronne du PS. «Les TPG ne doivent pas être un objet de chantage politique, estimait Thibaut Schneeberger (Solidarités). Ce vote n'était pas une question de moyens, mais de principe. Si on veut trouver 6 - 7 millions, on peut!» Un volontarisme qui irritait le Vert Mathias Buschbeck, sonné, dont le parti prônait le oui: «On est un peu sans solutions.»

Saga en trois actes

En 2013, 55,8% des Genevois avait approuvé une initiative de l'Avivo (association défendant les aînés) qui combattait une adaptation tarifaire. Passé à 3fr.50 fr. en 2011, le billet replongeait à 3fr. La justice annulait le scrutin. Le peuple revotait donc en 2014: 53,8% de oui. Hier, la hausse voulue par le Parlement passait à la trappe. Fin de l'histoire? Pas dit. «Faudra-t-il revenir une quatrième fois devant la population dans deux ans pour le CEVA?, interrogeait le conseiller d'Etat Luc Barthassat. Je ne l'exclus pas.»

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