Actualisé 03.06.2016 à 05:58

Genève

Le pharmacien fournissait à l'œil sa communauté

Un apothicaire de la rive droite a été placé en détention. Il est suspecté d'avoir fraudé les assurances.

de
Jérôme Faas
Le pharmacien offrait des biens de consommation courante contre des ordonnances.

Le pharmacien offrait des biens de consommation courante contre des ordonnances.

photo: AFP

Shampoing, couches culottes, lait en poudre : depuis une dizaine d'années, ces produits étaient gratuits pour certains clients d'une pharmacie de la rive droite. Son patron est incarcéré depuis le mois d'avril. Il est prévenu, ainsi que trois assistants et un chef assistant, d'escroquerie et de faux dans les titres. Le préjudice au détriment des assurances atteindrait 250'000 francs. Le procureur Gregory Orci, chargé du dossier pour le Ministère public, a confirmé jeudi les mises en prévention du pharmacien et de ses employés.

Le système, qui semble s'être développé au sein de la communauté égyptienne copte, est basique. Les clients produisaient des ordonnances sur lesquelles figuraient des médicaments pris en charge par l'assurance. A la place, ils recevaient des biens de consommation courante d'un prix équivalent. Le pharmacien se faisait rembourser par les caisses maladie. Aucun médecin n'aurait pour l'heure été poursuivi. Des dizaines de clients doivent encore être entendus. Outre sans doute un petit gain sur les marges, les motivations du pharmacien restent floues.

Prévenus mais libres, les employés se défendent vigoureusement. «Mon client est une victime. Il n'a tiré aucun bénéfice de cette situation. Le patron a imposé ce système aux collaborateurs. C'était accepter ou être viré», réagit Me Andreas Fabjan. Me Mattia Deberti explique, lui, que «les employés n'avaient aucun dessein d'enrichissement. Ma cliente n'a tiré aucun avantage de ce système. Elle a suivi les instructions sans réaliser qu'elle permettait à son patron de s'enrichir illicitement. Elle est fortement atteinte, d'autant plus que depuis la prison, il l'a licenciée pour de soi-disant raisons économiques.» Mais Timothée Bauer et Alex Naray assurent pour leur part que leur cliente «ne faisait que délivrer les produits sur instruction. Elle ignorait le caractère illégal de ses agissements, qu'elle n'a compris qu'après coup.»

Jeudi, l'avocat du pharmacien est resté injoignable.

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