Actualisé 30.01.2015 à 10:23

Estimation BAKBASEL

Le PIB de la Suisse va fléchir de 0,2% cette année

Après le KOF, BAKBASEL prévoit à son tour un bref épisode récessif pour l'économie suisse.

Selon les chercheurs bâlois, L'abolition du taux plancher de 1,20 franc pour un euro par la Banque nationale suisse (BNS) se traduira cette année par une légère contraction du produit intérieur brut (PIB) de 0,2%.

Une fois le choc de l'appréciation du franc surmonté, l'économie suisse devrait redémarrer l'an prochain avec une croissance de 0,9%, suivie d'un rebond de 3,1% en 2017, annonce vendredi l'institut bâlois. Ses nouvelles prévisions se fondent sur un taux de change de 1 franc pour 1 euro cette année, puis de 1,05 franc en 2016 et 1,13 franc en 2017.

Les chercheurs rhénans prennent cependant soin de faire part d'une certaine incertitude quant à l'évolution du franc par rapport à l'euro ces prochains mois. La monnaie helvétique pourrait aussi bien encore s'apprécier ou, à l'inverse, se déprécier.

Une hausse des taux d'intérêt intervenant plus rapidement que prévu aux Etats-Unis accompagnée d'une embellie conjoncturelle dans la zone euro pourraient ainsi se traduire par un net affaiblissement du franc. Un taux de change grimpant rapidement à 1,10, voire même 1,20 franc pour un euro, contribuerait à éclaircir les perspectives pour l'économie suisse.

Exportations et investissements en repli

Dans des circonstances moins favorables, avec par exemple une sortie de la Grèce de la zone euro, le franc gagnerait en attrait, avec pour conséquence un euro se négociant au-dessous de la parité. Pour l'heure, la monnaie helvétique demeure fondamentalement surévaluée, note BAKBASEL. Et cette phase d'appréciation du franc devrait encore durer quelque temps.

Les calculs de l'institut bâlois prennent également en compte la baisse du prix du pétrole, avec un tarif moyen de 55 dollars le baril pour l'année en cours. L'appréciation du franc entraînera un recul des exportations de 1,3% cette année, alors que des taux de change volatils alimenteront les incertitudes avec pour conséquence une forte baisse des investissements des entreprises.

La vigueur du franc pèsera sur les marges des entreprises, alors que l'utilisation de leurs capacités de production se réduira du fait du renchérissement des exportations, explique BAKBASEL. De fait, les dépenses en matière de biens d'équipement sont désormais attendues en chute de 2,8%, tout comme celles liées à la construction (-1,8%).

La consommation privée devrait cependant demeurer dans un premier temps robuste, BAKBASEL escomptant une croissance de cette dernière de 1,4%, contre 1,8% attendu en décembre. L'appréciation du franc et la faiblesse du prix du pétrole augmentant le pouvoir d'achat des ménages.

Redémarrage en 2017

Cependant, l'augmentation du chômage avec un taux de 3,5% en 2015 ne restera pas sans effet sur la consommation des ménages, celle-ci devant afficher l'an prochain une expansion nettement plus réduite, soit de 0,7%.

2017 s'annonce pour sa part comme l'année du redémarrage pour l'économie helvétique. Bénéficiant d'une demande en hausse en lien avec la bonne tenue de la conjoncture internationale et d'une détente au niveau du franc, le commerce extérieur de la Suisse devrait gagner en dynamisme.

Pour mémoire, le centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich a indiqué mercredi tabler sur une brève récession en Suisse après la décision de la BNS d'abandonner le taux plancher. L'épisode récessif devrait survenir durant l'été.

KOF moins optimiste

Sur l'ensemble de l'année, le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse devrait subir une contraction de 0,5%, ont estimé les experts du KOF. En décembre, ces derniers prévoyaient encore une croissance de 1,9% en 2015.

Les nouvelles prévisions du KOF se fondent sur un taux de change de 1 franc pour 1 euro jusqu'à fin 2016. Ses calculs prennent également en compte la baisse plus marquée que prévu du prix du pétrole, soit jusqu'à 50 dollars le baril au lieu de 70 dollars. (ats)

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