Climat mondial - «Le pire est encore à venir»
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Climat mondial«Le pire est encore à venir»

L’accord de Paris sur le climat a pour but de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Si cet objectif n’est pas atteint, il y aurait une menace d’«impacts irréversibles sur les systèmes écologiques». Voilà ce qu’indique un rapport du GIEC qui a fuité et dépeint un scénario d’horreur.

par
Jan Graber
Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, les vagues de chaleur, la famine, le manque d’eau et l’extinction des espèces seront en augmentation si l’on ne parvient pas à freiner le changement climatique.

Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, les vagues de chaleur, la famine, le manque d’eau et l’extinction des espèces seront en augmentation si l’on ne parvient pas à freiner le changement climatique.

AFP

Ces derniers jours et semaines nous ont rappelé la gravité des conséquences du changement climatique. Mais les inondations qui se sont produites ne sont qu’un avant-goût de ce qui pourrait nous attendre si l’objectif fixé par l’accord de Paris sur le climat, à savoir limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré, n’est pas atteint. Telle est la conclusion d’un rapport préliminaire du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), sur lequel ont travaillé quelque 700 experts et qui a fuité. Selon ce document, l’humanité entre dans une ère d’incertitude dans laquelle beaucoup de choses pourraient empirer – si rien n’est fait. Voici ses conclusions les plus marquantes.

Les écosystèmes au «point de basculement»

Selon le rapport du GIEC, de nombreux écosystèmes sont proches ou ont d’ores et déjà dépassé la limite à laquelle ils parviennent à s’adapter aux changements environnementaux. Les événements environnementaux extrêmes et l’évolution du climat amènent en effet les écosystèmes à ce que l’on appelle des points de basculement. Si ces derniers sont franchis, il existe une menace de «changements brusques et irréversibles» aux conséquences graves.

Les forêts brûlent

L’augmentation de la sécheresse et de l’aridité a considérablement accru la durée des phases d’incendie des forêts et a doublé le nombre de zones forestières à risque. Avec un réchauffement de deux degrés, la probabilité d’avoir des périodes d’aridité quadruplerait par exemple déjà au Brésil, et l’Amazonie se transformerait en savane. Ce serait là l’un des points de basculement mentionnés plus haut, car d’énormes quantités de dioxyde de carbone supplémentaires seraient libérées. Le changement climatique s’accélèrerait alors massivement.

Les vagues de chaleur détruisent les océans

Même si l’objectif de 1,5 degré est atteint, les experts s’attendent à ce que jusqu’à 90% des récifs coralliens disparaissent. En outre, la superficie de l’océan Arctique, couvert de glace toute l’année, a notamment diminué d’environ un quart depuis 1979, ce qui a entraîné une augmentation du niveau de la mer et donc un accroissement des dangers pour les régions côtières.

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En raison de l’aggravation de la sécheresse, on s’attend à ce qu’il y ait de plus en plus de famine.

En raison de l’aggravation de la sécheresse, on s’attend à ce qu’il y ait de plus en plus de famine.

Reuters
Les feux de forêt, comme ceux qui ravagent la Californie depuis plusieurs années, se déclencheront encore plus fréquemment.

Les feux de forêt, comme ceux qui ravagent la Californie depuis plusieurs années, se déclencheront encore plus fréquemment.

AFP
Plus de la moitié des espèces sauvages, comme ici le requin-baleine, pourraient disparaître.

Plus de la moitié des espèces sauvages, comme ici le requin-baleine, pourraient disparaître.

AFP

De plus en plus d’espèces s’éteignent

Face au réchauffement climatique, les frontières des différents écosystèmes pourraient se déplacer de plusieurs centaines de kilomètres au cours des 80 prochaines années. Deux à trois degrés supplémentaires suffiraient à menacer d’extinction 54% des espèces de la planète au cours de ce siècle. Avec un réchauffement de deux degrés, les phoques, les ours polaires et les manchots risquent de disparaître. Il en irait de même pour les espèces des écosystèmes fragiles, tels que les récifs coralliens et les mangroves. Globalement, l’extinction des espèces s’est déjà fortement accélérée.

Faim, chaleur, maladies

Le rapport dépeint également un scénario apocalyptique pour l’humanité, dans lequel on trouverait des centaines de millions de personnes touchées par des vagues de chaleur, des pénuries d’eau, un risque de famine pour 80 millions de personnes, des inondations et d’autres catastrophes naturelles, une incidence accrue des maladies transmissibles, ainsi que de grandes quantités de personnes contraintes de fuir à cause du changement climatique. «Le pire est encore à venir. Le changement climatique affectera la vie de nos enfants et de nos petits-enfants plus qu’il ne nous affecte», indique le rapport.

Certes, il ne s’agit là que d’une fuite d’un rapport préliminaire qui n’a pas encore été publié par le GIEC. Néanmoins, l’appel qu’il lance est sans équivoque: «Pour sauver notre environnement, nous devons redéfinir nos modes de vie et de consommation.» Il est également clair que nous ne devons pas attendre trop longtemps.

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