Actualisé 25.03.2012 à 10:08

Tueries de Toulouse

Le «plaisir infini» de Merah à tuer des enfants juifs

Le tueur de Toulouse a fait part aux policiers avec qui il négociait de son regret de ne pas avoir pu abattre plus d'élèves de l'école juive.

L'auteur des tueries du sud-ouest de la France, Mohamed Merah, a exprimé pour seul regret d'avoir manqué «la rentrée des classes à l'école juive» ce qui lui aurait permis de tuer plus d'enfants, lors de ses discussions avec les policiers qui tentaient d'obtenir sa reddition, rapporte le «Journal du Dimanche».

Selon des policiers ayant participé aux négociations durant le siège de 32 heures de Mohamed Merah, le tueur a avoué son «plaisir infini» lorsqu'il a froidement abattu trois enfants et un enseignant de l'école juive Ozar Hatorah le 19 mars, et trois militaires entre les 11 et 15 mars à Toulouse et Montauban.

Il a expliqué qu'il ne voulait pas finir «en kamikaze» pour pouvoir multiplier les actions «voir ses victimes», les «toucher» et les filmer, selon les enquêteurs cités par l'hebdomadaire, alors qu'une caméra avec des images très «explicites» a été trouvée dans ses affaires.

Formé sur mesure

Ce Français de 23 ans d'origine algérienne, qui se serait radicalisé dans les milieux salafistes et à la faveur de deux séjours en Afghanistan et au Pakistan, avait durant les discussions affirmé avoir été formé par Al-Qaïda et avoir agi sur instruction du réseau, selon les autorités.

«Il a dit qu'il n'était pas passé par des camps d'entraînements collectifs, mais avait été formé sur mesure, une sorte de cours particulier», a précisé un enquêteur au «JDD». Au cours de cette formation, «le jeune homme assure que son instructeur voulait qu'il commette des attentats sur Paris, mais qu'il avait choisi de commencer à Toulouse».

Il avait le sentiment que «tuer un soldat français en France aurait le même retentissement que tuer dix soldats français en Afghanistan».

Un chef de la police visé

Parmi les cibles qu'il avait identifiées figurent le chef de la brigade anti-criminalité de Toulouse et une policière de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) qui l'avait interrogé lors de son retour du Pakistan.

Il s'est aussi efforcé de mettre hors de cause son frère Abdelkader Merah, 29 ans, considéré comme davantage engagé que lui dans l'islam radical et aujourd'hui au centre de l'enquête. «Il n'a pas arrêté de répéter qu'il n'avait pas confiance dans son frère», selon un enquêteur. Réfutant l'influence de son aîné dans sa foi, il s'est présenté comme un «autodidacte de l'islam» qui a lu le Coran «seul en prison».

Mohamed Merah a été abattu jeudi matin par les hommes du Raid (unité d'élite de la police) lors d'une fusillade très nourrie. Après quatre jours de garde à vue, son frère devait être présenté dimanche à un juge antiterroriste. (afp)

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