Franc fort : Le plan d'aide réduit à 870 millions
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Franc fort Le plan d'aide réduit à 870 millions

Le plan du Conseil fédéral pour atténuer les effets du franc fort se réduit comme peau de chagrin. Il passe de 2 milliards à 870 millions de francs dans un premier temps. Un deuxième train de mesures pourrait suivre en décembre.

Le Conseil fédéral revoit ses ambitions à la baisse dans la lutte contre les effets du franc fort. Au lieu des deux milliards de francs annoncés initialement, il a proposé mercredi au Parlement de ne libérer que 870 millions dans un premier temps. Un deuxième train de mesures pourrait suivre en décembre.

Exit ainsi l'idée de réduire les cotisations salariales dans les branches exportatrices ou le tourisme ou d'accorder un taux de TVA allégé. Submergé de critiques et de demandes de toutes parts, le gouvernement a finalement préféré proposer au Parlement un catalogue restreint, mais «consensuel».

En annonçant, le 17 août, sa volonté d'engager deux milliards, le Conseil fédéral a voulu donner un signal fort à l'économie, a admis Johann Schneider-Ammann devant la presse. Selon lui, «ce n'est toutefois pas le montant qui compte, mais l'effet obtenu». Pressé de questions, le ministre de l'économie a reconnu que l'annonce avait été maladroite et suscité des attentes excessives.

Chômage partiel

Les mesures qui impliquaient une aide directe de certaines entreprises ou branches ont dû être écartées, le problème de la répartition étant quasi-insoluble. Une délimitation très stricte des bénéficiaires aurait suscité une bureaucratie énorme, mais pas question non plus d'arroser des sociétés qui n'en ont pas besoin, a expliqué le Bernois.

Le Conseil fédéral a choisi d'agir principalement par le biais de l'assurance chômage. Un montant de 500 millions est prévu pour faire face à une éventuelle augmentation du recours au chômage partiel. «J'espère que cette somme ne devra pas être utilisée», a lancé le ministre de l'économie.

L'indemnité en cas de réduction de l'horaire de travail s'est révélée être un instrument adéquat et salvateur d'emplois lors de la dernière crise. Johann Schneider-Amman entend d'ailleurs éviter que la durée de l'indemnisation ne retombe de 24 à douze mois en 2012. Il compte introduire un délai de 18 mois avec un seul jour de carence.

Recherche et tourisme

Le deuxième axe choisi cible la recherche et l'innovation. Un montant de 212,5 millions servira à intensifier le transfert de savoir et de technologie. Pour le tourisme, un prêt de 100 millions devrait aller à la Société suisse de crédit hôtelier. Les produits agricoles transformés recevront un coup de pouce de 10 millions pour promouvoir les exportations.

Enfin, une enveloppe de 28,5 millions sera affectée au trafic combiné à travers les Alpes, tandis que 18 millions seront alloués au trafic régional de voyageurs. Les Chambres fédérales en débattront dès le 14 septembre.

Deuxième train

Un deuxième paquet de mesures de soutien à l'économie à moyen et long terme devrait suivre d'ici décembre, «si le besoin s'en fait sentir». Cette sorte de programme d'impulsion ciblant la recherche, la promotion des exportations, la promotion de l'image de la Suisse et le tourisme ne devra pas excéder 1 milliard, a averti Eveline Widmer-Schlumpf.

Il sera soumis au Parlement pour la session d'hiver, lors du débat sur le budget 2012. Mais les détails n'ont pas encore été fixés, a affirmé la ministre des finances. Tout dépendra aussi de l'évolution du franc suisse, a noté M.Schneider-Ammann.

La procédure en deux étapes choisie par le gouvernement permet de réagir à une amélioration des cours. Mais il est peu probable que la surévaluation du franc qui pénalise les entreprises suisses change rapidement, d'après le radical.

L'économie aurait encore besoin de réformes fiscales, ont fait valoir les deux ministres bourgeois. Des projets sont en cours. Eveline Widmer-Schlumpf a évoqué l'introduction du taux unique de TVA, la réforme de l'imposition des entreprises III ou encore la réforme de la fiscalité des familles.

(ats)

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