Grèce : Le plan d'austérité approuvé
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Grèce Le plan d'austérité approuvé

Le gouvernement de coalition grec a approuvé dans la nuit de vendredi à samedi le plan d'austérité exigé par l'UE et le FMI pour débloquer une nouvelle aide à la Grèce.

Le premier ministre grec Lucas Papademos a mis en garde vendredi contre un risque de «chaos incontrôlé» en Grèce sans accord sur le plan d'austérité.

Le premier ministre grec Lucas Papademos a mis en garde vendredi contre un risque de «chaos incontrôlé» en Grèce sans accord sur le plan d'austérité.

«Il y a eu une approbation unanime» de l'accord qui sauvera la Grèce d'un défaut désordonné en mars, a précisé à l'AFP le bureau du premier ministre Lucas Papademos. Les mesures d'austérité devraient être approuvées dimanche par le parlement.

Un accord sur les mesures d'austérité exigées de la Grèce par l'Union européenne et le Fonds Monétaire International (FMI) avait été atteint dans la semaine, selon M. Papademos, mais le plus petit partenaire de la coalition, le parti d'extrême-droite Laos, s'est retiré du gouvernement vendredi pour protester contre les mesures projetées.

Le chef de Laos, Georges Karatzaféris, membre de la coalition au pouvoir, a annoncé vendredi qu'il ne voterait pas le nouveau train de mesures qui vont être présentées au parlement.

«On nous a pris notre dignité»

«J'ai expliqué aux autres dirigeants politiques que je ne pouvais pas voter pour cet accord de prêt», a-t-il dit lors d'une conférence de presse. «On nous a pris notre dignité. Nous avons été humiliés. Je ne peux pas l'accepter», a ajouté l'ancien culturiste et animateur radio.

Les quatre ministres issus du LAOS ont démissionné dans la foulée, a indiqué l'agence semi-officielle ANA. Le LAOS compte 16 députés sur les 300 du parlement grec, ce qui signifie que son opposition au plan de sauvetage n'empêcherait pas son adoption.

La ministre socialiste, adjointe aux Affaires européennes, Mariliza Xenoyannakopoulou, cadre et député du parti socialiste Pasok, a elle aussi annoncé sa démission du gouvernement en réaction au nouveau plan de rigueur. Mme Xenoyannakopoulou est le deuxième membre du Pasok, qui détient la majorité des sièges au parlement, à quitter l'équipe gouvernementale.

«Chaos incontrôlé»

Le premier ministre grec a mis en garde vendredi contre un risque de «chaos incontrôlé» en Grèce sans accord sur le plan d'austérité, après la démission de six ministres opposés aux mesures de rigueur exigées par l'UE et le FMI.

Les mesures d'austérité ont provoqué des mouvements de protestation et deux grèves générales cette semaine. M. Papademos a prévenu que la Grèce se trouvait dans «un moment de responsabilité historique».

«Je suis pleinement conscient que ce que vous devez décider est douloureux», a-t-il ajouté à l'adresse des responsables politiques, toutefois «la faillite de la Grèce n'est pas une option que nous pouvons nous permettre».

Si le pays renonçait aux efforts demandés par les bailleurs de fonds et acceptait un défaut de paiement désordonné, l'Etat serait «incapable de payer les salaires, les pensions et de maintenir des services de base comme les hôpitaux et les écoles» a-t-il prédit.

Le nouveau paquet de mesures de rigueur doit impérativement être adopté par le gouvernement et le parlement grec si Athènes veut obtenir une nouvelle tranche d'aide de l'UE et le Fonds monétaire international (FMI) et éviter la faillite du pays.

Manifestations

Comme en juin et octobre 2011, le centre d'Athènes était paralysé par les débrayages dans les transports en commun et un ralenti dans les services publics. Le personnel du ministère des Finances chargé de mettre en oeuvre les mesures demandées par les bailleurs ont agité des drapeaux noirs pour exprimer leur désaccord.

Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté place de la Constitution (Syntagma), devant le Parlement. Mais le premier syndicat de police a exprimé sa volonté de ne plus agir contre ses «frères». Il accuse le FMI et la Commission européenne de porter atteinte à la démocratie et à la souveraineté nationale.

Une manifestation séparée réunissant quelque 10'000 militants communistes du Front des travailleurs à Athènes s'est déroulée dans le calme et la discipline. (ats)

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