Alitalia: Le plan de la dernière chance se concrétise
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AlitaliaLe plan de la dernière chance se concrétise

Le sauvetage d'Alitalia prend forme après la création d'une nouvelle société qui reprendrait les activités rentables de la compagnie au bord de la faillite.

Air France-KLM pourrait faire son retour en piste.

Plusieurs «pièges» jalonnent cependant la route du redressement de la compagnie, en particulier le risque de nouvelles frictions avec Bruxelles, avertissait mercredi le Corriere della Sera.

La société qui doit reprendre les activités rentables d'Alitalia a été constituée mardi soir par 16 actionnaires italiens. Elle intervient à la veille d'une modification de la loi sur les faillites, qui doit être adoptée jeudi lors d'un Conseil des ministres.

Un nouveau nom

Cette modification a été exigée par les nouveaux investisseurs, qui refusent de se charger de la dette d'environ 1,2 milliard d'euros (1,94 milliard de francs) d'Alitalia. En échange, les 16 investisseurs sont prêts à mettre un milliard d'euros sur la table dans la nouvelle société baptisée «Compagnie aérienne italienne».

La nouvelle société sera présidée par le patron du groupe Piaggio, Roberto Colaninno, qui devrait s'engager à hauteur d'environ 200 millions d'euros dans la nouvelle Alitalia.

A ses côtés, figurent Carlo Toto, le patron d'Air One, deuxième compagnie de la Péninsule, le groupe Benetton à travers la société d'autoroutes Atlantia, l'assureur Fondiaria-Sai ou encore la «patronne» des patrons italiens Emma Marcegaglia, selon une source proche du dossier.

Alliance indispensable

Il reste que pour faire durablement redécoller la nouvelle Alitalia, une alliance stratégique avec une grande compagnie européenne est indispensable.

Le plan de relance qui prévoit la scission d'Alitalia en deux sociétés - l'une viable reprise par les «16 capitaines courageux» comme la presse les a surnommés, l'autre lestée des dettes et des activités sans avenir, qui sera mise en faillite - devait donc être présenté mercredi à Paris à la direction d'Air France-KLM par la banque conseil Intesa Sanpaolo, selon l'agence économique Radiocor.

«Il est difficile d'évaluer les possibilités que les Français, sortis par la porte, puissent rentrer par la fenêtre», écrivait mercredi le quotidien Il Sole 24 Ore, dans une allusion au retrait de l'offre de reprise du groupe français au printemps dernier.

Cette reprise des discussions montre cependant que le choix d'un partenaire international «est essentiel à l'avenir d'Alitalia», soulignait Il Sole, y voyant en outre «la riposte d'Air France à l'offensive» de l'Allemande Lufthansa sur Austrian Airlines.

Alternative

Lufthansa est justement l'autre compagnie avec laquelle la nouvelle Alitalia pourrait faire alliance, selon la presse.

Une telle alliance permettrait notamment au gouvernement de Silvio Berlusconi de «se démarquer» du projet qu'avait soutenu le gouvernent de gauche de Romano Prodi d'un rachat par Air France-KLM. Mais Air France «connaît mieux la situation d'Alitalia», faisait valoir le quotidien.

Reste que le plan de sauvetage devra vaincre de nombreux obstacles dont le plus important sera son impact social puisqu'entre 5000 et 7000 licenciements seraient envisagés. Alitalia emploie 11 100 personnes dans le transport aérien, tandis que 8300 autres travaillent dans les services de maintenance. (ats)

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