Crise financière: Le plan de sauvetage ouvert aux banques étrangères
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Crise financièreLe plan de sauvetage ouvert aux banques étrangères

Le département du Trésor américain a indiqué dimanche que le plan gouvernemental destiné à venir à la rescousse d'un secteur financier sinistré sera ouvert aux banques étrangères.

Il articule pour l'heure le montant de 700 milliards de dollars (près de 800 milliards de francs).

Les négociations avec le Congrès des Etats-Unis, en vue du vote d'une loi d'urgence ces prochains jours, se sont poursuivies tout le week-end. Le produit de la vente des actifs, dans un délai non fixé, sera affecté au budget général du gouvernement fédéral.

En l'état du projet, le plan donne au secrétaire au Trésor Henry Paulson l'autorité, en concertation avec le président de la Réserve fédérale (Fed) Ben Bernanke, «d'acquérir des actifs douteux» des banques liés à des emprunts hypothécaires, voire «d'autres actifs, autant que nécessaire, pour stabiliser effectivement les marchés financiers».

Ce pouvoir, accordé au Trésor pour une période de deux ans, laisse au gouvernement toute discrétion pour fixer la date et l'ampleur de ces acquisitions, dont le prix sera fixé «selon des mécanismes du marché dans la mesure du possible, comme des enchères inversées», dans la limite globale de 700 milliards de dollars. Mais M. Paulson a dit que cette enveloppe pourrait être augmentée ou diminuée.

Demande prévue

Seuls sont concernés des actifs émis jusqu'au 17 septembre, soit mercredi, le jour où la tourmente des bourses mondiales a poussé le Trésor à élaborer ce plan.

Dimanche, M. Paulson, interrogé sur la chaîne de télévision Fox, a lui dit qu'il demanderait à ses collègues d'autres pays de mettre en oeuvre de tels plans «quand c'est opportun», soulignant: «souvenez-vous que nous vivons dans un système mondial».

Il a aussi annoncé sur la chaîne de télévision ABC que les banques étrangères auraient la possibilité d'utiliser le plan de cantonnement des actifs financiers à risque élaboré par Washington.

Large latitude

Tout comme pour la nature des actifs concernés, l'administration américaine se donne une large latitude pour décider quelles institutions financières pourront bénéficier de ce plan, sans notamment exclure nommément les fonds d'investissement à risque.

«Les institutions financières participant (à ce programme) doivent mener des opérations significatives aux Etats-Unis, à moins que le secrétaire (au Trésor) ne détermine, en concertation avec le président de la Réserve fédérale, qu'une définition plus large est nécessaire pour stabiliser efficacement les marchés», précise-t- elle.

Les actifs seront gérés par des gestionnaires privés sous la direction du Trésor, qui aura toute latitude sur leur gestion, et qui aura trois mois pour rendre compte une première fois au Congrès, après quoi il ne devra rendre compte que tous les six mois.

Plusieurs hauts responsables de la majorité démocrate du Congrès ont eux prévenu qu'ils entendaient amender ce texte, notamment pour lui accoler des mesures bénéficiant spécifiquement aux propriétaires victimes de la crise des crédits subprime, notamment en butte à des procédures de saisie.

Dissensions possibles

A une quarantaine de jours de la présidentielle, le plan pourrait toutefois être ralenti par les dissensions entre l'administration républicaine du président George W. Bush et la majorité démocrate du Congrès. Henry Paulson a passé le plus clair du week-end en réunions avec les élus pour tenter d'aplanir les différends.

George W. Bush a défendu samedi l'importance des sommes engagées. «Je suis convaincu que cette approche audacieuse coûtera beaucoup moins aux familles américaines que l'alternative» consistant à ne pas intervenir, a-t-il affirmé. Le président a brandi la menace de suppressions d'emplois «massives», d'une dégradation continue du marché immobilier et d'un tarissement des prêts à la consommation.

Ce plan a été communiqué au terme d'une folle semaine marquée par la panique puis l'euphorie des Bourses. L'administration Bush a produit des interventions en cascade. Elle a assisté au dépôt de bilan de la banque d'affaires Lehman Brothers et nationalisé l'assureur AIG. Sans compter une série de mesures de portée plus immédiate, destinées à rassurer et à favoriser la liquidité des marchés.

(ats)

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