Suisse: Le plan pour étatiser les centrales nucléaires
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SuisseLe plan pour étatiser les centrales nucléaires

En proie à des soucis financiers, Alpiq et Axpo tenteraient de faire passer leurs centrales déficitaires sous le contrôle de l'Etat. La presse revient sur la stratégie mise en place.

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cht/nxp
La centrale de Goesgen n'est plus assez rentable. Va-t-elle être privatisée?

La centrale de Goesgen n'est plus assez rentable. Va-t-elle être privatisée?

photo: Kein Anbieter

La Basler Zeitung révélait lundi qu'Alpiq souhaitait étatiser les centrales nucléaires de Gösgen et de Leibstadt, dont Axpo est copropriétaire. Les deux plus grands groupes énergétiques suisses sont en proie à de gros soucis financiers à cause de la chute d'un tiers du prix du courant

en l'espace d'un an. Un phénomène dû à une énorme pression en raison des subventions des énergies renouvelables en Allemagne. Les centrales, hydrauliques ou nucléaires, ne sont donc plus rentables. Raison pour laquelle les deux groupes veulent transférer leurs centrales dans une société de gestion collective à caractère étatique.

Un plan en plusieurs phases

La presse alémanique décortique le plan mis en place par Alpiq pour se sortir de sa délicate situation financière. Le Tages-Anzeiger, le Bundévoquent 2 ans de tractations et de lobbyisme intensif pour pousser dans un premier temps le Conseil fédéral et le Parlement à de nouvelles subventions de 120 millions de francs par an pour l'hydraulique dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050 de la Confédération. Puis, dans un 2e temps, le plan prévoit de se débarrasser des centrales nucléaires non rentables. Mais, pour l'instant, tout est gelé en attendant le vote final des Chambres en juin prochain, révèlent le Tagiet le Bund.

Puis, il y a aussi les manoeuvres tactiques à entamer, les intervenants à convaincre et les risques. L'EPFL, l'EPFZ et les branches économiques de plusieurs universités seront sollicitées. Objectif: déterminer pourquoi l'énergie nucléaire n'est plus rentable. Les résultats seront ensuite discutés avec les ténors de l'atome, indiquent les 2 journaux.

Le Parlement saisi en automne

Ensuite, place à une nouvelle phase. Cantons, partis et Conseil fédéral seront encouragés dès juillet à proposer des solutions. PDC, PLR et PS devraient lancer le débat avec 3 variantes, parallèlement à une campagne médiatique. En septembre, des mesures d'urgence pourraient être lancées sous forme de motion au Parlement, suivies par une augmentation de la pression pour résoudre le problème. Objectif: créer une «banque» d'installations de production non rentables, où l'Etat paierait la différence par rapport aux prix du marché, voire prononcerait une suspension complète du marché.

Selon le Tagiet le Bund, la menace des pertes d'emplois pourrait être alors brandie. Une menace accrue par les licenciements actuels dans les entreprises. Ceux-ci contribueraient à favoriser la discussion autour d'un sauvetage de l'hydroélectrique et du nucléaire par l'Etat, notent les deux journaux alémaniques.

La Grande-Dixence en mains bernoises?

La presse bernoise revient elle sur le fait qu'Alpiq veut céder la moitié de ses barrages hydrauliques. La Berner Zeitung estime ainsi mardi que les Forces motrices bernoises (BKW) pourraient reprendre une partie des centrales. Les BKW, qui possèdent déjà une participation dans la Grande-Dixence ainsi que dans d'autres centrales mises en vente, pourraient ainsi reprendre tout ou partie du barrage valaisan.

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