Actualisé 13.07.2012 à 09:28

FranceLe plan social chez Peugeot conforte Hollande

le président socialiste François Hollande joue une partie difficile, sommé de démontrer qu'il peut concilier protection des travailleurs et maintien d'une production en France.

le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.

La France est sous le choc des restructurations chez Peugeot et d'une vague de plans sociaux qui s'annonce. Huit mille emplois supprimés, l'usine d'Aulnay près de Paris fermée: l'annonce de PSA Peugeot Citroën est une «véritable bombe sociale», selon les éditorialistes de la presse régionale.

Et François Hollande devra apporter dès samedi des éléments de réponse, lors de la traditionnelle interview télévisée à l'occasion de la fête nationale du 14 Juillet.

Jeudi, le ministre du Redressement productif, un portefeuille précisément créé pour relancer l'activité industrielle en France, Arnaud Montebourg, a jugé que le plan du constructeur automobile n'était «pas acceptable en l'état». Et il l'a appelé à son «devoir» envers la «nation France».

Mais le directeur général des marques de Peugeot, Frédéric Saint-Geours, a réaffirmé vendredi que «ces mesures sont indispensables», même s'il est possible de discuter des modalités de leur mise en oeuvre. Peugeot promet notamment d'aider au reclassement de tous les salariés touchés.

Le premier groupe automobile français (100'000 salariés en France) a mis en avant des pertes au premier semestre et une contraction durable des marchés en Europe pour justifier ces décisions.

Les suppressions d'emplois en symbole d'échec

Peugeot est particulièrement touché, car 41% de sa production est faite en France, contre 27% pour son concurrent Renault, dont la stratégie passe davantage par les délocalisations.

Le patron de PSA, Philippe Varin, s'est d'ailleurs prononcé vendredi pour une baisse «massive» du coût du travail en France, «le plus cher en Europe».

Les suppressions d'emplois chez Peugeot constituent aussi un nouveau symbole de la perte de compétitivité de l'industrie française, mais une série d'autres plans sociaux se profile à l'horizon. Le géant pharmaceutique Sanofi envisage ainsi de supprimer «plusieurs milliers» d'emplois, a indiqué jeudi Arnaud Montebourg, qui a qualifié ce projet «d'abusif», alors que le groupe a fait en 2011 «5 milliards d'euros de bénéfices».

Et le numéro un mondial de la sidérurgie ArcelorMittal a fait part jeudi de son intention de procéder à «une optimisation des fonctions supports» de son activité d'aciers plats en Europe, afin d'améliorer sa compétitivité, ce que les syndicats interprètent comme la menace de milliers de suppressions d'emplois.

Alors que la désindustrialisation de la France s'est imposée comme l'un des thèmes majeurs du débat politique (400'000 emplois supprimés dans les secteurs manufacturiers au cours des cinq dernières années), le gouvernement a placé la question de la compétitivité des entreprises françaises au coeur de son action.

Il a relancé cette semaine ce chantier à l'occasion d'une conférence sociale réunissant les syndicats et le patronat.

Le constat est connu. La France a enregistré un déficit commercial record de plus de 70 milliards d'euros en 2011 et sa part de marché mondiale est tombée depuis 1990 de 6,2% à 3,6%. Quant aux sociétés exportatrices, elles étaient plus de 130'000 en 2000 mais seulement 117.000 en 2011.

François Hollande trouve injuste la taxe imposée par Nicolas Sarkozy

Droite et patronat plaident pour un allégement du coût du travail, piste qui n'est plus taboue à gauche. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a évoqué la possibilité de baisser les charges sociales pesant sur les salaires au profit d'une hausse d'une contribution fiscale assise sur l'ensemble des revenus, du travail comme du capital.

Le précédent gouvernement conservateur de Nicolas Sarkozy s'était dirigé vers la «TVA sociale» ou «antidélocalisations», une hausse de la taxe sur la consommation pour compenser l'allégement des cotisations sociales. Cette mesure visait à diminuer le coût du travail pour aligner l'industrie française sur l'Allemagne. Elle a été abrogée par François Hollande qui la juge socialement injuste. (afp)

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