Affaire Hainard: Le PLR en train de lâcher son conseiller d'Etat

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Affaire HainardLe PLR en train de lâcher son conseiller d'Etat

Le soutien accordé à Frédéric Hainard par le Parti libéral-radical (PLR) neuchâtelois semble s'essouffler.

L'aveu public à retardement du conseiller d'Etat à propos de sa relation extra-conjugale semble avoir jeté un froid dans les rangs de son parti.

«Le comportement de Frédéric Hainard a fait l'objet d'une sévère mise au point», a indiqué lundi le PLR dans un communiqué. Le parti s'est prononcé au lendemain de consultations sur l'affaire Hainard organisées durant le week-end par la présidence du PLR cantonal et des représentants du groupe PLR au Grand Conseil.

Selon le communiqué, les discussions se sont déroulées en présence des trois membres PLR du gouvernement, soit les conseillers d'Etat Claude Nicati, Philippe Gnaegi et Frédéric Hainard. Le comportement de ce dernier semble ainsi avoir subi le feu de la critique, à en juger par «la sévère mise au point» dont fait état le PLR.

CEP agréée

Dans son communiqué, le parti rappelle en outre son soutien massif apporté mardi dernier à l'institution d'une commission d'enquête parlementaire (CEP) au sujet de Frédéric Hainard. Selon le communiqué, «le PLR attendra désormais les conclusions de la CEP (...) ne se fondant que sur des faits concrets et vérifiés».

Le fait de passer aux aveux après avoir nié l'évidence aura refroidi sans doute le soutien accordé jusqu'ici par le PLR à Frédéric Hainard. Le soupçon plane désormais sur la régularité de la procédure ayant abouti au recrutement au sein de l'administration de l'amie du conseiller d'Etat.

A élucider

Les conditions d'engagement de cette dernière au Service cantonal de surveillance et des relations au travail (SSRT) vont en tout cas mobiliser l'attention de la CEP. Les abus de pouvoir présumés reprochés au conseiller d'Etat sont réputés en effet avoir été commis en tandem avec l'amie, dans le cadre du SSRT.

De leur côté, les quatre membres de la CEP ont tenu vendredi dernier leur première séance de travail. «La rencontre a donné lieu à l'élaboration d'un calendrier de réunions», a indiqué lundi à l'ATS le député Vert Patrick Erard, président de l'organe d'enquête.

Député UDC chargé du rapport

Les membres de la CEP ont décidé aussi de confier la rédaction du rapport final au député UDC Walter Willener. Les conclusions de l'enquête devront être présentées au parlement au plus tard le 31 octobre. Les députés du PS Michel Bise et du PLR Philippe Bauer sont les deux autres membres de la commission d'enquête.

Philippe Bauer n'a pas participé aux consultations menées par son parti durant le week-end, a précisé à l'ATS Matthieu Erb, membre de la présidence du PLR. De son côté, le PS s'est abstenu de toute précision sur l'éventuelle participation de Michel Bise à une réunion du PS tenue ce week-end aussi sur le même sujet.

Loi du silence

Le secrétariat du PS n'a rien voulu révéler du contenu des délibérations. Il n'a pas souhaité non plus préciser à quel niveau s'est tenue la réunion, ni s'exprimer sur l'éventuelle participation aux discussions des conseillers d'Etat Jean Studer et Gisèle Ory.

De son côté, le conseil d'Etat a reçu lundi de la part de la CEP une note l'informant des premières décisions de celle-ci. Le gouvernement a fait diffuser l'information par la Chancellerie, tout en gardant le silence sur une réunion de crise qui a aussi mobilisé les membres du Conseil d'Etat durant le week-end. (ap)

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