Votations J+1: Le PLR plaide pour une politique d'accueil plus stricte
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Votations J+1Le PLR plaide pour une politique d'accueil plus stricte

Au lendemain de l'acceptation de la révision de la loi sur l'asile, le Parti libéral-radical exige de nouvelles mesures pour faire face à la pression migratoire.

Philipp Müller a plaidé dans ce sens en tant que conseiller aux Etats.

Philipp Müller a plaidé dans ce sens en tant que conseiller aux Etats.

photo: Keystone

La politique d'accueil, le statut d'admission provisoire et l'intégration sont les principaux points soulevés lors de la conférence de presse du PLR organisée lundi à Berne.

La politique de la Confédération en matière d'asile est généreuse, selon le PLR, qui anticipe des coûts énormes pour les cantons et les communes, en raison des flux migratoires actuels. Aussi le parti demande-t-il que l'admission des réfugiés à titre provisoire soit appliquée de manière plus stricte.

Concrètement, le parti aimerait revoir le taux de personnes en provenance de certains pays qui sont admises à titre provisoire pour motifs de protection, ainsi que l'a précisé le conseiller aux Etats Philipp Muller (AG).

Berne face à ses responsabilités

Pour inciter la Confédération à une pratique plus restrictive en matière d'admission, le PLR estime qu'il faut l'associer plus étroitement aux coûts. Elle devrait ainsi prendre à sa charge la totalité des frais non couverts pour les personnes admises à titre provisoire, pendant une durée de dix ans, plutôt que cinq à sept ans actuellement.

Cette proposition sonne comme une provocation, mais elle revient à mettre la Confédération face à ses responsabilités, relève Philipp Müller, estimant qu'il lui incombe, plutôt qu'aux cantons, d'assumer les conséquences de sa générosité.

Il n'est cependant pas question que la Confédération prenne en charge l'entier des frais occasionnés par l'accueil de réfugiés en Suisse, d'après le Conseil fédéral. Ce dernier rejette ainsi lundi une motion en ce sens du conseiller national Roger Golay (MCG/GE).

Admission provisoire

Le réfugiés issus de pays en guerre et de régions instables ne devraient plus bénéficier du statut d'admission provisoire, selon le PLR. Le parti demande que celui-ci soit remplacé par un statut de protection temporaire, ou livret S, tel qu'introduit durant la guerre des Balkans.

Le PLR demande aussi de durcir les règles du regroupement familial pour les personnes au bénéfice du livret S. Il réclame également la mise en place d'une convention d'intégration qui soit assortie de sanctions. Celle-ci devrait être signée lors de l'octroi ou de la prolongation d'une autorisation de séjour.

Accords de réadmission

Le PLR préconise une collaboration renforcée avec les principaux pays d'origine des migrants, dans le but de conclure de nouveaux accords de réadmission. Faute d'accord, de nombreuses personnes ne peuvent être renvoyées dans leur pays de provenance. La ministre de la justice, Simonetta Sommaruga a aussi annoncé vouloir travailler dans ce sens, dimanche 5 juin au soir des votations.

Sur d'autres points, le PLR se distancie clairement des partis bourgeois et notamment de l'UDC. Ainsi a-t-il rappelé lundi son opposition aux contrôles systématiques aux frontières. Cette proposition n'est pas réaliste, a insisté Philipp Muller.

Le PLR ne croit pas davantage à une vérification des cas Dublin, avant qu'ils ne franchissent la frontière suisse, sur la base de leurs empreintes digitales. L'efficacité de cette mesure est douteuse, car de nombreuses personnes n'ont pas été enregistrées lors de leur arrivée en Italie, a relevé le PLR. Enfin, les requérants ont droit à ce que leur dossier de demande d'asile soit examiné, a encore remarqué Philipp Müller. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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