Actualisé 11.05.2019 à 16:51

Service des votations (GE)Le PLR veut l'intervention de la Berne fédérale

Le parti sollicite la Chancellerie fédérale pour garantir la régularité du scrutin du 19 mai. Selon l'Exécutif, le PLR «sombre dans l'hystérie».

de
David Ramseyer
Bertrand Reich, président du PLR genevois.

Bertrand Reich, président du PLR genevois.

Keystone/Martial Trezzini

Alors que «la crédibilité des institutions est en jeu», suite à l'affaire de fraudes présumées au Service cantonal des votations, le PLR genevois s'en remet à Berne. A l'issue d'une réunion de crise de la présidence du parti, ce samedi matin, cette dernière demande l'aide de la Chancellerie fédérale, en vue des votations du 19 mai prochain. Des bulletins pour ce scrutin pourraient avoir été modifiés ou détruits.

Des observateurs pour rassurer

«Nous sommes convaincus que les conditions sont actuellement réunies pour que ce vote se déroule de manière régulière, explique le président du PLR Bertrand Reich. Mais cela ne suffit pas. Il faut un regard extérieur et neutre pour valider cette impression, car nous faisons face à une vraie défiance envers les institutions». Le parti considère qu'une intervention de la Chancellerie serait «une sorte d'audit qui pourra ainsi confirmer aux citoyens que leur vote sera pris en compte».

Le PLR imagine que des collaborateurs de l'institution fédérale pourraient observer le bon déroulement du scrutin, analyser les processus en cours et s'assurer que les mesures de sécurité nécessaires ont été prises. «Il appartient maintenant au Conseil d'Etat d'agir», conclut Bertrand Reich.

Contactée, la Chancellerie fédérale précise «qu'une telle mesure, comme celle demandée par le PLR, est possible; mais aucune décision n'est prise». Elle indique aussi être «en contact avec les autorités genevoises», sans en dire davantage.

Intégrité du vote «garantie»

De son côté, le président du Conseil d'Etat, Antonio Hodgers «regrette que le PLR sombre à son tour dans l'hystérie collective». Le magistrat rappelle que l'affaire porte sur un seul homme et que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas prouvés. Les institutions genevoises fonctionnent, assure le conseiller d'Etat: «L'intégrité du scrutin du 19 mai est, à ce jour, garantie». Il invite dès lors les partis politiques «à ne pas ajouter à la confusion mais plutôt à inciter les citoyens à s'exprimer dans les urnes».

Concernant d'éventuels dysfonctionnements au sein du Service des votations, Antonio Hodgers tient à rappeler que suite à un audit en 2013, la Cour des comptes a émis neuf recommandations dont huit ont été suivies. Aujourd'hui, le président du gouvernement cantonal estime que cette dernière, tout comme la commission électorale centrale (ndlr: composée d'un représentant par parti), ont validé le fonctionnement du Service des votations.

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